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Procès Air Moorea: les avocats de la défense plaident la relaxe générale

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Les avocats de la défense ont plaidé la relaxe générale
Me Quinquis, avocat d’Air Moorea et de Freddy Chanseau ©LG
Le procès en appel du crash du twin otter d’Air Moorea qui a fait 20 victimes le 9 août 2007 vient tout juste de s’achever avec les plaidoiries des avocats de la défense. Ils ont plaidé la relaxe générale. Le délibéré sera rendu le 23 janvier.
Dernier jour de procès en appel pour Air Moorea et dernier jour pour la défense pour faire entendre sa voix. 16 avocats, certains venus de métropole, se sont succédés ce mardi pour défendre les prévenus. Ils ont tous plaidé la relaxe pour leurs clients.

"Au pénal, la faute doit avoir causé l’accident", explique Me Vonnick Le Guillou, avocate d’Air Moorea et de Freddy Chanseau, rôdée aux procès de catastrophes aériennes majeures pour un grand constructeur aéronautique européen. "Nous, on dit que les manquements [dans la maintenance ndlr] n’ont pas causé d’accident. Même s’il y a eu des manquements qui ont causé l’usure du câble, ces manquements n’ont pas causé l’accident."

Me Vonnick Le Guillou

Car en droit pénal, le doute doit profiter aux prévenus. Alors, "l’innocence devient une réalité judiciaire", plaide Me Laurence Bryden, avocate d’Andriamanonjisoa Ratsimbasafy, ancien inspecteur du GSAC en Polynésie. "Il ne faut pas remplacer la recherche de vérité par la recherche de culpabilité. Personne n’a voulu le drame qui s’est produit. La haine et l’esprit de vengeance n’ont pas leur place dans ce procès. Nous sommes dans un homicide involontaire," a-t-elle rappelé.

Me François Quinquis, avocat d’Air Moorea et de Freddy Chanseau, a rappelé cinq points "saillants" dans sa plaidoirie : les incohérences des experts judiciaires, la résistance du câble, la reconstitution de la trajectoire, la rupture du câble et la définition de dirigeant responsable, ce que n’était pas Freddy Chanseau au moment de la catastrophe selon lui, puisqu’il n’avait pas été nommé en conseil d’administration. "Ca ne peut pas être le câble, surtout en raison de la résistance résiduelle que le câble présentait, nonobstant le taux d’usure, d’après les différents essais de traction réalisés par les laboratoires les plus célèbres et les plus compétents."

Les sept prévenus et Air Moorea encourent jusqu’à 3 ans de prison et une interdiction définitive d’exercer.

Ainsi se referme le procès en appel d’Air Moorea, dans l’attente de la décision de justice. Le délibéré sera rendu le 23 janvier 2020.
 
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