Quel avenir pour la filière du coprah en Polynésie ?

La filière coprah est subventionnée chaque année à hauteur de 2,2 milliards par le Pays, avec des résultats plus que mitigés. Un rapport de l'assemblée de Polynésie propose de réformer le secteur, et de trouver de nouveaux débouchés à la filière cocotier.
Il est ruineux pour la collectivité, et il rapporte bien peu aux premiers concernés : les coprahculteurs. Le dispositif de soutien aux prix du coprah doit être revu, et la filière cocotier doit faire l’objet d’un plan stratégique de valorisation, notent Antonio Perez et Tepuaraurii Teriitahi, auteurs du rapport de l'assemblée de Polynésie sur le dispositif de soutien des prix du coprah.
 

Ce dispositif ancien, et paradoxalement méconnu dans ses détails, mobilise chaque année plus de 2,2 milliards de F CFP de fonds publics au soutien d’une activité structurellement déficitaire, au principal motif de garantir aux populations des îles un revenu du travail plus équitable.


Rapport sur le dispositif de soutien des prix du coprah


Or, comme le soulignait un récent rapport de la Chambre territoriale des comptes, si l'on rapporte le tonnage de coprah au nombre de coprahculteurs, on arrive à un revenu mensuel moyen de 14 334 francs pacifique, loin, très loin du SMIG.
 

Bien que coûteux pour la collectivité, le dispositif existant suscite le doute sur les réels bénéficiaires et peine à s’inscrire dans la pérennité dès lors que la valorisation de la noix de coco se limite essentiellement à l’exportation de l’huile de coprah délaissée sur les marchés internationaux au profit de l’huile de palme et de soja.

Rapport sur le dispositif de soutien des prix du coprah


Les membres de la mission proposent qu’un plan stratégique de valorisation de la filière cocotier, visant à l’émergence de nouvelles activités à plus forte valeur ajoutée, soit mis en place.

Le reportage de Mario Leroi et Patita Savea.
 
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