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Rebondissement dans l’affaire Thérèse Moke-Barbion (màj) droit de réponse de l'avocat de M. Barbion

justice
Palais de justice de Papeete
©Axelle Mésinèle / Polynésie 1ère
Ce lundi 18 mai, une plainte contre X a été déposée auprès du Procureur de la République. Elle concerne les informations médicales de Thérèse Moke épouse Barbion, qui auraient disparu. La famille de cette dernière demande également le retrait du titre de tuteur légal à Thierry barbion, son époux. 
C’est la famille de Thérèse Moke-Barbion, par l’intermédiaire de leur avocat, Me des Arcis, qui est à l’origine de cette plainte. Elle s’interroge sur la disparition des dossiers de santé de l’épouse de l’homme d’affaires. 
 

L’« accident » du 9 juillet 2009


Thérèse Moke-Barbion aurait-elle tenté de mettre fin à ses jours, seule ? C’est en tout cas ce qui avait été affirmé par son époux, Thierry Barbion, à l’époque des faits. La famille de l’épouse du célèbre homme d’affaires, s’interroge. Dans la plainte que Polynésie la 1ère s’est procurée, « cette explication n’a été confirmée par aucune constatation matérielle, alors que le dossier médical de Madame Thérèse Barbion établi lors de son séjour à l’hôpital et ouvert lors de son admission aux Urgences à l’hôpital Mamao a totalement disparu, si bien que l’on n’a même pas le certificat médical initial décrivant les blessures constatées par ce service lors de son arrivée. » 

L’avocat de la famille de Thérèse Moke-Barbion relève un doute sur la sincérité des propos de Thierry Barbion « Ce CMI (ndlr : certificat médical initial) et le dossier médical auraient incontestablement permis de dire si effectivement Madame Barbion portait des traces de strangulation par pendaison volontaire, comme l’a prétendu Monsieur Barbion, ou si les traces qu’elle portait sur son corps résultaient de violences physiques commises par un tiers dont elle aurait été victime. … En tout état de cause la disparition du dossier médical ne peut que faire soupçonner l’existence d’un acte criminel. »
 

Thierry Barbion aurait-il emporté les dossiers médicaux aux Marquises ? 


Quelques années après cet événement, Thérèse Moke-Barbion est envoyée en Métropole. Thierry Barbion, son époux et tuteur légal, justifie ce déplacement pour des soins. Mais à son retour, son état se serait aggravé, alors même qu’elle se remettait petit à petit avant de prendre l’avion, selon ses proches. 

« Madame Barbion en est revenue paralysée, sans pouvoir ni parler, ni marcher, les mains « fourchées », grabataire et dans l’incapacité de communiquer. Y-a-t-il eu faute médicale ? », s’interroge alors le représentant juridique. 

La famille déclare également que le dossier médical appartenant à Thérèse Moke-Barbion, après le passage de l’homme d’affaires aux Marquises, à Hiva Oa, aurait disparu. Un dossier de suivi établit par ses médecins depuis qu’elle vit chez ses parents. 
« L’essentiel du dossier médical de Thérèse que sa mère avait constitué et classé à la tête du lit de sa fille aurait disparu à la suite de la dernière visite de Monsieur Thierry Barbion à son épouse. L’aurait-il emporté avec lui ? Si oui, pourquoi ? », questionne une nouvelle fois Me des Arcis. 

En raison de tous ces éléments « et de certains comportements de Monsieur Thierry Barbion à l’égard de son épouse, il apparait nécessaire d’éclaircir les zones d’ombres de cette affaire et de rechercher si Madame Thérèse Barbion a été victime ou non d’actes criminels commis sur sa personne ». 
 

Demande de retrait de la qualité de tuteur de Thierry Barbion


Avec cette plainte, le représentant juridique de la famille de Thérèse Moke-Barbion a également déposé une demande de changement de tuteur d’une personne majeure incapable. Une demande similaire avait déjà été faite au Juge des Tutelles de la section de Nuku Hiva en Octobre 2019. Elle est restée sans réponse à ce jour. Une lettre dans laquelle l’entourage de Thérèse Moke-Barbion, dénonçait quelques agissements de Thierry Barbion « son avocat a demandé de manière insistante, d’appuyer sa demande de libération par des attestations ». La famille aurait alors refusé de venir en aide à l’époux de Thérèse Moke-Barbion. « Devant ce refus, Mr Barbion ne prend plus de nouvelles de son épouse et ne répond plus à mes appels. »

L’homme d’affaires aurait également souhaité faire rapatrier son épouse chez lui, vraisemblablement pour appuyer, lors de l’examen de l’affaire par la cour d’appel des 23 et 24 janvier 2020, sa demande de non condamnation à une peine d’emprisonnement. Mais les parents de Thérèse ne l’ont « pas mis sur l’avion comme l’a souhaité son époux ». 

Thierry Barbion étant actuellement en détention, la famille Moke estime qu’il ne peut assurer sa fonction de tuteur de son épouse. Le 24 janvier dernier, la cour d’appel a confirmé lapeine prononcée en première instance, soit quatre ans de prison ferme assortis d’un mandat de dépôt, et une amende de six millions cfp. Thierry Barbion s’est pourvu en cassation. En attendant, la cour d’appel doit examiner le 11 juin 2020 sa demande de mise en liberté.


Mercredi 20 mai, l'avocat de M. Barbion nous prie de publier le droit de réponse suivant :


"Suite à votre article paru le 18 mai 2020, M. Thierry Barbion entend faire valoir son droit de réponse contre les affirmations fausses portant atteinte à son honneur.

Il n’y a pas « d’affaire », ni de personne qui se nomme « Thérèse Moke-Barbion » et donc aucun « rebondissement ».

Mme Thérèse Moke épouse Barbion a pour famille un époux, leurs quatre enfants, une mère, quatre soeurs et deux frères.

Ce n’est pas donc pas « sa » famille qui dépose plainte mais seulement certains membres dont l’identité n’est « courageusement » pas révélée.

Le 9 juillet 2009, lorsqu’il a malheureusement découvert son épouse, M. Thierry Barbion l’a conduite au Centre Hospitalier de Mamao aussi vite qu’il a pu, et elle est arrivée dans un état de santé apparent rassurant, les pulsations cardiaques et la respiration satisfaisantes.

Il est odieux d’insinuer qu’elle aurait eu d’autres « traces » sur son corps qu’une marque sur son cou.
Un compte-rendu a été dressé par SOS Suicides et l’acte a été clairement identifié comme suicidaire.
Aucune information médicale n’a disparu mais tout le monde n’y a pas accès, ce qui est l’essence même du secret médical.

Tout devrait informatisé et normalement archivé au Centre Hospitalier de la Polynésie française.
M. Thierry Barbion n’a jamais été informé par le corps médical que le moindre élément aurait « disparu ».

Aucun membre de la famille de Mme Moke n’a jamais demandé de « certificat médical initial » ni aucune donnée médicale.

Si certains membres de la famille avaient eu le moindre doute sur le déroulement des évènements ce soir-là, ils auraient déposé une plainte bien plus tôt.

Si les médecins avaient eu des suspicions pour mauvais traitement, ils l’auraient signalé car ils en ont l’obligation légale.

Deux mois après cet acte du 9 juillet 2009, et non «quelques années après cet événement», Monsieur Thierry Barbion et leurs quatre enfants, ainsi que Anna Moke, mère de Thérèse Barbion, sont partis à l’hôpital de Garches, meilleur centre de rééducation fonctionnel de France, puis elle a été suivie par les meilleurs spécialistes en séquelles neurologiques de France.

Toute la famille de Mme Thérèse Barbion a donc, dès le début de ce drame familial, toujours été associée à l’évolution de son état de santé.

De retour à Tahiti, en août 2010, M. Thierry Barbion a créé un centre de rééducation à domicile, et sollicité la venue des meilleurs rééducateurs de métropole, notamment l’un des meilleurs orthophonistes de France qui est venu une dizaine de fois à Tahiti pour suivre sa rééducation.

Mme Thérèse Barbion, dont l’état de santé était bien meilleur que celui décrit par les plaignants, a été entourée de manière permanente de son mari et de ses enfants jusqu’en juillet 2016 et sa mère, ses soeurs et ses frères ont toujours été les bienvenus.

Elle a été confiée aux bons soins de sa mère aux Marquises en juillet 2016, soit 7 ans après son accident, parce que leurs enfants ont suivi des études en dehors de la Polynésie française.
Depuis, M. Thierry Barbion et les enfants, de ce fait moins présents en Polynésie, la voient évidemment régulièrement, et l’ont accueillie notamment, dans le séjour le plus long, trois mois en 2018.

Près de 30 personnes ont versé des témoignages relatant l’attention, l’affection et les soins constants dont il l’a entourée, depuis toujours et jusqu’à ce jour.

A l’époque de Noël 2019, les quatre enfants de Thérèse Barbion présents à Tahiti voulaient qu’elle vienne passer les fêtes avec eux, et avec la grande soeur et le petit frère de Thérèse Barbion, ce qui a été refusé par les plaignants, bien qu’une personne se soit rendue aux Marquises pour venir la chercher.

M. Thierry Barbion n’a jamais cessé de maintenir les contacts avec Mme Anna Moke et parlé plusieurs fois avec le nouvel infirmier de Mme Thérèse Barbion pour lui faire part de toutes les précautions à prendre.

Il appartient aux plaignants de s’expliquer sur les véritables raisons qui les poussent, par l’intermède de l’avocat de Mme Boiron, à calomnier publiquement leur gendre et beau-frère et noircir outrageusement encore sa personnalité, à quelques jours de l’audience au cours de laquelle sa demande de mise en liberté doit être examinée, ce qui est d’autant plus malvenu que Mme Boiron ne s’est jamais rendue au chevet de sa cousine, et n’a jamais apporté la moindre aide, réconfort, soutien aux jeunes enfants de sa cousine qu’elle a tout simplement fui.

M. Thierry Barbion est particulièrement outré par ces accusations graves et volontairement mensongères, mais surtout et au-delà de toute autre considération, profondément affecté par l’effet dévastateur de tels propos sur les quatre enfants de Thérèse et de Thierry Barbion".

Me Marie Eftimie - Spitz, avocat au barreau de Papeete, le 20/05/2020