Tahiti Ti'a Mai - Ils viennent de loin, pour leurs îles

heiva i tahiti
préparation des groupes des îles
©MV
Le 2e weekend du Festival « Tahiti ti’a mai » débute ce jeudi soir. Les îles sous le vent sont représentées par le groupe Tahina no Uturoa de Raiatea et la troupe O Marama de Bora Bora. Nous avons assisté aux derniers préparatifs.

A peine descendus du bateau, déjà en action à To’ata. Danseurs et danseuses des îles sont sur le pied de guerre. Car il faut s’adapter, en 1h30. Assurer les repères sur un site deux fois plus grand que la salle omnisports de Bora Bora où ils ont répété.

« Nous étions 42 inscrites mais certaines ont eu des problèmes dûs au travail ou à la maladie, précise une danseuse. » Cependant rien n’arrête la troupe O Marama de Bora Bora, venue donner le meilleur d’elle-même et de son île. 

Autre ambiance pour le groupe Tahina no Uturoa. La troupe s'attelait à la confection du costume végétal ce matin. Auti, fougères et riri sont arrivés par bateau, en provenance directe de Raiatea.

« Chaque groupe confectionne une chose. Eux ils font les tailles, d’autres font les chapeaux. Si certains garçons n’ont pas encore fini leur chapeau ou leur taille par exemple. Il y en a d’autres qui peuvent les aider. »

Matahi Paraue, chef troupe de Tahina no Uturoa

Préparation des groupes des îles

 

Le partage de la culture polynésienne comme fil conducteur 

 

« Ma langue reçue en héritage et sa transmission », tel est le thème et les textes de chants composés par Noéline Ihorai afin que le reo tahiti retrouve sa place auprès de la jeunesse. « Non seulement j’écris, mais en plus j’explique les mots, précise la compositrice. Parce que chaque mot en tahitien a un sens. Sens, donc il faut bien comprendre le sens pour pouvoir travailler le thème, l’histoire, la danse, la gestuelle, et tout le reste avec les pas de la danse. »

3 millions de cfp le déplacement 

 

Pour certains danseurs, c’est la découverte de To’ata : « Depuis tout petit j’avais envie de danser, confie Jocelyn Muntaner. Et quand t’es petit, y a la honte qui t’en empêche. Puis, plus tu grandis, plus tu t’en éloignes. Et j’ai vraiment voulu me rapprocher de la culture ne serait-ce que par la langue, à travers la danse etc. »

Pour d’autres, ce sont les retrouvailles avec la grande scène de la capitale. C'est le cas pour Lanilei Teriipaia, danseuse : « Nous, on fait comme si on allait pour un concours. Chez nous à Raiatea, ça a toujours été comme ça, avec Tahina. On se surpasse".

Ce soir, ils seront 65 à danser et à partager la culture polynésienne, accompagnés de leur orchestre de 24 musiciens.

Le déplacement de ces groupes des îles nécessite une logistique importante. Le groupe de Raiatea, Tahina no Uturoa compte au total 102 personnes, accompagnants compris. Celui de Bora Bora, O Marama, a dû rassembler 3 millions cfp pour le festival. Pour cela ils a organisé une journée corporative et une vente de plats. Les nouvelles liaisons maritimes ont permis de réduire les coûts de transport.