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Avant la visite de Hollande, les préavis de grève s'enchaînent

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Avant l'arrivée de Hollande, les préavis de grève s'enchaînent
©Montage Polynésie 1ère
A quelques jours de la visite du chef de l'Etat en Polynésie, des revendications sociales surgissent ici ou là. Dans le milieu hospitalier où le SPHPF lance un préavis de grève, et à la Dépêche de Tahiti où la direction du journal apporte des précisions suite à un préavis de grève de la CSIP.



"En raison du refus de dialogue social interrompu depuis 2014 par les ministères de la Fonction publique et de la Santé, le syndicat des praticiens hospitaliers de la Polynésie française a déposé un préavis de grève vendredi 12 février. Si les négociations prévues par la loi pendant la durée du préavis, ne permettent pas un accord, les praticiens hospitaliers (PH) de l’hôpital de Taaone et de l’hôpital de Uturoa seront en grève pour une durée illimitée à partir du lundi 22 février 2016.
Le statut des praticiens hospitaliers de la Polynésie française de 1996 est une copie des versions des années 1980 du statut des praticiens hospitaliers de métropole. Depuis, le statut des PH de métropole a été continuellement modernisé pour s’adapter aux évolutions de la profession et au fonctionnement des hôpitaux.

Réformer le statut


En 2016, alors qu’un plan d’action pour relancer l’attractivité de l’hôpital public pour les médecins va être appliqué en métropole, aucune discussion n’est possible en Polynésie française pour réformer un statut en pleine obsolescence.
La pénurie de médecins dans les hôpitaux de métropole et de l’outre-mer est à l’origine de ces mesures. Au moment où des progrès considérables sont accomplis pour soigner les malades de la Polynésie française (cancérologie, greffe rénale…), le statut des PH est complétement décalé et ne correspond plus aux standards de la profession, au risque d’empêcher le recrutement de spécialistes du meilleur niveau.
Le recours répété à des contrats spéciaux (emplois fonctionnels) démontre bien qu’il n’est déjà plus possible de recruter certains spécialistes aux conditions du statut actuel.
Les 4 protocoles d’accord de 2009, 2010, 2011, et 2013, qui prévoyaient la mise à jour des articles du statut des PH sur la reprise d’ancienneté n’ont toujours pas permis la modification de l’article concerné.
La prolongation du départ à la retraite est depuis 2015 appliquée dès l’âge de 60 ans, sans utiliser les dérogations prévues par le statut pour les emplois hautement qualifiés, cela va conduire au départ d’une soixantaine de PH dans les 10 ans, ce qui ne pourra pas être compensé par les médecins nouvellement formés.

Retraites insuffisantes


Les gardes et les astreintes des PH de l’hôpital d’Uturoa ont des retards de paiement de plusieurs mois. Une modification du texte sur les gardes et astreintes des médecins des hôpitaux de la Direction de la santé a été présentée au conseil supérieur de la fonction publique sans aucune concertation avec les médecins.
Les PH de la Polynésie française n’ont pas de couverture de la retraite sur plus de la moitié de leurs salaires. Le montant de leur retraite est 30% inférieur à celui de leurs collègues de métropole. S’ils veulent obtenir une retraite complémentaire, ils doivent prendre une assurance privée à leur seule charge, alors qu’ils sont fonctionnaires.
Les revendications des PH sont parfaitement en phase avec les évolutions de la profession, le SPHPF ne demande que la mise en place d’un projet de réforme qui devra être conduit en concertation, avec des évaluations économiques rigoureuses."
                                                                                                            
Le président du SPHPF, Dr Marc LEVY


NDLR : les intertitres sont de la rédaction
La direction de la Dépêche répond à la CSIP
"Ce préavis porte essentiellement sur le maintien d’avantages acquis à une époque où l’entreprise évoluait dans un environnement économique favorable, très différent d’aujourd’hui, ainsi que sur l’inamovibilité de certaines fonctions ou postes. D’autres points sont cités, qui ne justifient en rien un préavis de grève.
La Direction actuelle, en place depuis mai 2014, a toujours privilégié le dialogue social et la transparence économique et financière. Ce qui a permis jusqu’à ce jour, avec l’assentiment du personnel, de faire évoluer l’entreprise en contenant le niveau des charges à celui des recettes.
La crise économique profonde que traverse actuellement la Polynésie française continue d’avoir des répercussions sur les budgets publicitaires de nos annonceurs ainsi que sur le nombre de personnes pouvant acheter nos journaux et magazines, réduisant nos recettes.
Aucune entreprise ne peut dépenser plus que ce qu’elle gagne. Un plan de sauvegarde et de développement pour 2016 permettant, sans licenciement, la poursuite de l’activité de l’entreprise, a été proposé au comité d’entreprise le 8 février 2016. Il a été retenu sans réserve. Il a été répondu, ensuite, aux différentes interrogations en CHSCT, réuni le jeudi suivant.
Ce préavis de grève qui considère que le plan de sauvegarde et de développement, soumis et approuvé quatre jours avant, est « un simulacre », surprend la Direction comme une grande partie du personnel qui n’était pas au courant de la grève. Et aucune proposition concrète, en remplacement, n’a été faite.
La Direction, naturellement, reste ouverte à la discussion, dans l’intérêt de sauver les emplois du personnel et de maintenir l’activité de l’entreprise. Il est important de constater que la liberté d’expression des journalistes n’est, en rien, mise en cause et le journal reste une référence en matière d’indépendance et d’objectivité."

La Direction de la Dépêche de Tahiti
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