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Des bonbonnes de gaz chimique dérivent au large de Papeete

Vendredi 11 janvier 2019, le navire Kura Ora 2 est immergé au large de Papeete. A son bord, une trentaine de bonbonnes de gaz contenant du bromure de méthylène, une substance chimique dangereuse, est remontée à la surface. Certaines d'entre-elles seraient en perdition dans l'océan. 

Ici, les bonbonnes de bromure de méthylène récupérées par le remorqueur Aito Nui © Polynésie la 1ère
© Polynésie la 1ère Ici, les bonbonnes de bromure de méthylène récupérées par le remorqueur Aito Nui
  • Aiata Tarahu - Polynésie la 1ère
  • Publié le , mis à jour le
Le navire Kura Ora 2 n'a pas été immergé seul, au large de Papeete. En effet, à son bord, une trentaine de bonbonnes de gaz contenant du bromure de méthylène, une substance chimique hautement toxique, devait également être coulée. 

Après avoir procédé à l'immersion du navire, les bonbonnes de gaz sont remontées à la surface. Sur la trentaine de bouteilles, dont certaines sont pleines, dix-neuf ont été récupérées par le Aito Nui, le remorqueur chargé d'accompagner le bateau vers sa dernière demeure. D'autres sont actuellement en perdition dans l'océan

Contacté par nos soins, le JRCC, le centre de coordination de sauvetage aéromaritime de Tahiti, nous a confié ne pas avoir été alerté afin de repérer les bonbonnes à la dérive. 

Ce produit chimique, vendu par un magasin d'agriculture et d'horticulture de la place, aurait été utilisé par le département phytosanitaire

La Direction de l'environnement alertée 

La Direction de l'environnement aurait été avertie.
Le certificat attestant la conformité pour l'immersion du navire, a bien été délivré par un expert maritime désigné par la Direction de l'environnement. Quant à la procédure d'immersion, l'autorisation est donnée par le capitaine du Port autonome. Ce dernier étant assermenté pour ce type d'opération. 
Comment les bonbonnes de bromure de méthylène ont-elles atterri sur le navire ? La question plane encore.  

Un produit interdit à la vente 

La vente du bromure de méthylène est interdite en France depuis 2005, et en Europe dès 2011, par la signature du protocole de Montréal signé en 1987. Ce produit chimique hautement toxique est utilisé en Polynésie depuis plusieurs années, dans la fumigation des fruits et légumes à destination des îles. A ce jour, aucun produit de substitution n'a été trouvé. Il est également exploité dans les pesticides. 

 
Qu'est ce que le bromure de méthyle

Le bromure de méthyle (ou bromométhane) est un gaz incolore et inodore de formule CH3Br, qui peut être produit naturellement par des organismes marins. C'est donc un composé chimique organique halogéné (le brome est un halogène).
Ses propriétés fongicides lui ont valu d'être utilisé comme produit phytosanitaire dans la production fruitière par pulvérisation sur les cultures, mais aussi pour stériliser un grand nombre de matériaux et de sols, et d'éliminer d'autres animaux nuisibles (rats).

L'effet du bromure de méthyle sur la santé humaine

Le bromure de méthyle est très toxique par inhalation (mais peut aussi être absorbé par la peau). Les personnes les plus exposées sont donc celles qui utilisent directement le produit.
Selon sa fiche internationale de sécurité chimique qui résume les risques pour la santé humaine et l'environnement, le bromure de méthyle peut irriter les yeux, la peau et les voies respiratoires. Lessymptômes commencent par des vertiges, des maux de tête, des douleurs abdominales, des vomissements, voire des hallucinations et des convulsions. L'inhalation peut causer un œdème pulmonaire et avoir des effets sur le système nerveux central, les reins et les poumons, voire entraîner la mort. Des expositions prolongées ou répétées entraînent des effets sur le système nerveux, les reins, le cœur, le foie et les poumons. 
Les études réalisées sur les animaux et l'Homme n'ont pas mené au classement du bromure de méthyle comme cancérigène, malgré l'observation d'une augmentation de tumeurs chez certains animaux exposés. Étant un agent alkylant, il est aussi possible qu'il soit génotoxique mais les doses dangereuses ne sont pas connues.

(Source : www.futura-sciences.com)

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