Covid : le couvre-feu est-il encore justifié ?

coronavirus tahiti
police municipale / couvre-feu
©Polynésie la 1ère

Le couvre-feu a été maintenu par les autorités au mois de mars dernier de 22h à 4h du matin malgré la baisse du nombre de cas de covid. Certains dénoncent son inutilité et parlent de privation de libertés, d'autres réclament son maintien au nom de la paix sociale. 
 

Après la plage, un dîner au restaurant ou chez des amis pour terminer en beauté le week-end prolongé, c'est possible mais jusqu'à 21h30 maximum, couvre-feu oblige. "C'est mieux de maintenir car des gens boivent et vont sur la route", estime une mère de famille sur la plage. En revanche, pour cette retraitée, "c'est une privation de libertés. Je suis pour qu'on enlève ce couvre-feu". Dans les quartiers, les avis aussi sont tranchés : le couvre-feu a apporté du calme et de la sérénité. "C'est bien. Ça me fait plaisir de dormir en paix la nuit", admet un riverain. 

Malgré la baisse du nombre de cas de covid, les autorités ont décidé de maintenir le couvre-feu. "Pour nous, c'est une paix dans la commune. Je crois que c'est un peu partout pareil", souligne Teura Iriti, maire d'Arue. Tous les tavana sont de cet avis, semble t-il.

Mais, pour Me Thibaud Millet, avocat, il faut faire attention : "Ce n'est plus une situation exceptionnelle qui justifie ces mesures. Je pense qu'il faut faire attention car on risque de vivre une période, et on est en plein dedans, de banalisation de restrictions de libertés, qui sont maintenues au-délà du raisonnable, au-delà du nécessaire, pour une simple question de confort des gouvernants". 

Un couvre-feu désormais inutile, ce n'est pas le monde de la restauration qui dira le contraire... Les professionnels n'attendent que sa levée. "Qu'on puisse reprendre un peu normalement et que les clients soient un peu plus à l'aise pour partir et ne pas être à court de temps pour s'en aller", explique Steven Hanaa, maître d'hôtel.

On en saura plus mardi 25 mai lors de la conférence de presse qui sera donnée par le président du Pays et le Haut-commissaire au sujet notamment de la levée des motifs impérieux entre la métropole et la Polynésie.