Interdiction du voile intégral en France : l'avis du centre islamique de Tahiti

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La Cour européenne des droits de l'homme vient de valider l'interdiction du voile intégral en France. Dans un contexte local sulfureux depuis l'incident de vendredi, les musulmans de Tahiti se disent "républicains" et dénoncent une "pratique marginale".

Une jeune Française portant la burqa et le niqab avait saisi la Cour à propos de la loi votée fin 2010, qui prévoit que "nul ne peut, dans l'espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage". La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a jugé "légitime", mardi 1er juillet, l'interdiction du voile islamique intégral en France, en rejetant la requête d'une Française adepte du niqab et de la burqa.

La jeune femme avait saisi la Cour à propos de la loi votée fin 2010 qui prévoit que "nul ne peut, dans l'espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage", sous peine de 150 euros d'amende et/ou d'un stage de citoyenneté.

Pour le porte parole du Centre Islamique de Tahiti, "elle sait où elle met les pieds, elle est avocate de profession, d'origine pakistanaise. Chez eux, c'est tribal. Au niveau du Coran, il n'y a qu'un seul passage qui précise que la femme doit être voilée, et cela s'explique historiquement. Il ne faut pas sortir du contexte ce passage qui à l'époque, au 7ème siècle, avait son sens. En l'occurrence, c'était une recommandation uniquement réservée aux femmes du prophète, ensuite il y a eu différents courants d'interprétation. Elle s'est sentie dans son exercice de foi, c'est une façon de pratiquer ultra-minoritaire, qui représente à peine plusieurs dizaines de personnes en France. Cette façon de sortir en public, de s'habiller est culturelle, et pas cultuelle".

Sous pression


"Sur le point sécuritaire", poursuit le porte parole du CIT, "il faut noter que l'argument n'a pas été retenu par la Cour Européenne : se cacher derrière un voile intégral et donc cacher son identité n'est pas un problème. C'était là-dessus que Sarkozy avait voulu insister quand il était Ministre de l'Intérieur. La Cour Européenne donne tort à l'ancien chef de l'Etat.
Localement, ce ne sont pas des pratiques qui pourraient être d'usage ici. On est pas en Iran ni en Afghanistan. Le fait de s'afficher de la sorte est contraire au message qu'on veut faire passer. Il faut se fondre dans la masse et ne pas attirer le regard. Là, ces femmes qui portent la burka, c'est pris pour de la provocation.

Puisque vous m'en donnez l'occasion, je tiens à préciser que, nous, mulsumans de Tahiti, sommes sous pression médiatique pendant cette première semaine de ramadan et c'est également dur à gérer pour la communauté. Ce n'est pas la pression de la rue. Certains hommes poliltiques se lâchent aussi, comme le communiqué de la Présidence, les dires de Michel BUILLARD qui dit "on est pas les bienvenus", on a l'impression qu'il va bientôt s'excuser d'être musulman".