Les syndicats et fédérations de l'enseignement contre la réouverture précipitée des écoles

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les syndicats contre la réouverture des écoles
©polynesie.la1ere
Alors que le déconfinement semble s'annoncer l'ouverture des écoles ne fait pas l'unanimité. Dans une longue lettre ouverte, les principaux syndicats de l'enseignement et les fédérations de parents d'élèves s'inquiètent d'une réouverture qu'ils jugent prématurée.
 

Tous unis contre la réouverture des écoles


C'est une longue lettre de 3 pages signée par les représentants des parents d’élèves des enseignements publics, protestants et adventistes et par les principales organisations syndicales des enseignants du public et du privé. Tous s'opposent fermement à la réouverture probable des écoles après le déconfinement (La date du 4 Mai est souvent évoquée bien qu'aucune date officielle n'ai été annoncé). Les signataires estiment que le risque épidémique est encore trop grand alors qu'un 57 ème cas a été détecté il y a à peine 5 jours.

Vouloir déconfiner le milieu scolaire dans ces deux îles, alors que c’est bien là que se trouve le cœur de l’épidémie, reviendrait, selon nous, à remettre le virus en circulation

Rentrée à haut risque sanitaire


Les signataires estiment qu'une reprise des cours trop tôt risquerait de déclencher une seconde vague épidémique Ils estiment que les enseignants et les élèves ne doivent pas être exposés à ce risque.

...imposer une telle décision aux enseignants, sans pouvoir leur garantir des conditions de reprise respectant un protocole sanitaire strict des activités scolaires, adapté aux spécificités de chaque niveau d’enseignement, validé par les autorités de santé, et établies dans un cadre territorial commun à tous les établissements, est tout simplement insensé ! L’heure n’est plus à l’improvisation ! 

les syndicats contre la réouverture des écoles
©polynesie.la1ere


Demande de concertation


Ils attendent d'être reçus le plus rapidement possible par le Haut-commissaire et le Président du pays afin de discuter des mesures à prendre avant d'envisager la réouverture des établissements scolaires. Parmi leurs propositions :
 
  • la mise en place d’un dépistage généralisé de tous les personnels et de tous élèves
  • la désinfection des mobiliers des écoles et des établissements scolaires
  • la fourniture des matériels de protection (gel hydroalcoolique, gants et masques chirurgicaux ou FFP2), en quantité suffisante pour tous les personnels et tous les élèves
  • la limitation des effectifs par groupes, dès le retour des élèves
  • l'accompagnement psychologique des élèves, voire des équipes éducatives.
  • l'aménagement des espaces de vie collectifs, au regard de la distanciation sociale exigée
  • la reprise des cours des enfants en internats, qui n’ont pas encore été rapatriés dans leur établissement et qui devront nécessairement être dépistés, voire placés en quatorzaine
  • le respect des distanciations, dans le cadre des transports scolaires
  • l’organisation des services de cantine, pour l’accueil des enfants, notamment ceux relevant du RSPF et bénéficiant du complément familial, dont la prise en charge est financée par le Pays.


Pas de cadre juridique clair


Les syndicats s'inquiètent aussi des conditions juridiques dans lesquelles s'exercera cette reprise. Ils estiment qu'un parent pourrait porter plainte contre un enseignant si son enfant attrapait le coronavirus.

On demande que le protocole sanitaire soit appliqué [...]on n'a pas de cadre […] on ne veut pas que les responsabilité retombent sur le personnel qui exerce – Diana Yieng Kow, Secrétaire générale UNSA Fenua et STIP-AEP


Retrouvez ci-dessous l'interview de Diana Yieng Kow, représentante syndicale au micro de Heiata Buluc :
Retrouvez ci-dessous l'intégralité du courrier adressé au Haut-Commissaire et au Président du pays :

Lettre ouverte