Cancer : Perry et Loana racontent leur calvaire...

cancer polynésie française
Fare amazones ©Polynésie la 1ère
Le cancer est une maladie extrêmement répandue mais dont on ignore encore beaucoup... En Polynésie, les seins, la prostate et les poumons sont les organes les plus touchés. 800 malades supplémentaires sont recensés chaque année au Fenua. Perry Fallone et Loana Peterano souffrent toutes deux d'un cancer du sein.

Le cancer est la deuxième cause de mortalité en Polynésie française, après les maladies cardiovasculaires. Celui du sein, par exemple, tue 4 fois plus de femmes en Polynésie qu'en Métropole. La raison principale ? L'absence de dépistage. Une journée patients/aidants se déroule le 21 mai dans les jardins de l'assemblée, en présence de professionnels. Objectifs : l'échange et le partage d'expérience. L'occasion de revenir sur cette maladie, qui fait l'objet de nombreuses luttes associatives et médicales...

L'hôpital de Taaone vient d'ailleurs de signer une nouvelle convention jeudi 12 mai dernier pour consolider le partenariat entre la Polynésie française et l’Institut Gustave Roussy (le premier et plus grand centre de lutte contre le cancer d’Europe, où un grand nombre de Polynésiens partent en évasan).

Témoignages

Le sujet n'est plus tabou mais reste un mystère... Il faut juste apprendre à vivre avec, en témoignent Loana Peterano et Perry Fallone, toutes deux atteintes d'un cancer du sein. Elles ont trouvé beaucoup de réconfort grâce à l’association Amazones pacific, qui accompagne, depuis 4 ans, les femmes victimes de tout type de cancer. 

Perry Fallone, 38 ans, est originaire de Marokau aux Tuamotu. Elle se bat contre son destin depuis 2015. Dans la famille, le cancer se transmet de mère en fille. Dès qu'elle a commencé à observer une grosseur anormale au niveau de son sein droit ainsi que des écoulements, elle a su qu'elle était malade. Après avoir subi une ablation du sein, elle a suivi des séances de radiothérapie. Elle suit toujours une chimiothérapie. Pour elle, "pas de guérison possible, [elle peut juste essayer de] stabiliser la maladie", confie-t-elle. Malgré les difficultés, son message est plein d'optimisme. "On est jamais prêts mais on s'habitue. Aujourd'hui la médecine a fait beaucoup de progrès. Le cancer n'est pas une fatalité ! Moi j'ai apprivoisé cette maladie. C'est ma famille qui en souffre le plus", poursuit-elle. 

Falonne Perry. ©Polynésie la 1ère

Les traitements sont évidemment douloureux, mais bien plus supportables qu'au début. Même lorsqu'elle suit sa chimiothérapie, elle continue de travailler. "Je suis sure que je vais vivre longtemps ! La vie n'est pas un long fleuve tranquille mais il faut la prendre du bon côté !", décrit Perry, imperturbable. 

Le sujet est plus sensible pour Loana Peterano, surtout lorsqu'elle évoque sa mère. Décédée d'un cancer du sein, elle avait toujours alerté ses filles sur cette maladie et l'importance du dépistage. Loana est la seule de ses sœurs à ne pas avoir suivi les conseils avisés de sa mère, alors même qu'elle l'a vu succombé à la maladie. Un matin, elle se lève avec une douleur sur tout le côté gauche du corps. Le diagnostic tombe en août 2021 lorsque les résultats de la biopsie révèle la présence d'un cancer. "Je m'étais dit que je n'aurais que deux ans, comme maman. Elle me disait toujours de faire ma mammographie mais je ne le faisais pas. Heureusement que ce n'était pas métastasé. Le jour où je l'ai appris, j'étais vidée. Je me suis renfermée sur moi-même", confie Loana, les larmes aux yeux. Aujourd'hui, elle est guérie mais doit poursuivre le protocole durant les huit années à venir. 

Loana Peterano ©Polynésie la 1ère

Le cancer du sein est celui qui se guérit le mieux. L'hôpital de Taaone est bien équipé, avec 14 lits de chimiothérapie, deux machines de radiothérapie et une nouvelle machine d'irradiation bientôt fonctionnelle. Le problème se pose davantage au niveau des cancers difficiles à soigner (comme au cerveau par exemple), pour lesquels les patients doivent partir en France. Les évasans concernent environ 60 Polynésiens sur 800 patients. Alors, si le nombre de malades ne cesse malheureusement de croître, de plus en plus de Polynésiens peuvent suivre des soins au Fenua, à proximité de leurs proches, grâce à la médecine personnalisée et les conseils d’experts.