Commerçants ou clients, la taxe sociale à 1% a du mal à passer

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Certains commerçants répercutent la taxe, d'autres pas et rognent sur leurs marges. ©Polynésie la 1ère
C’est officiel. La contribution sociale de 1% s’applique dès aujourd’hui dans les commerces en plus de la TVA. Du côté des gérants, on fait le maximum pour se mettre à la page… mais certains ont tout de même préféré rogner sur les marges plutôt que d’augmenter leurs prix.

"1% multiplié par le nombre d'achats effectués, ça fait beaucoup", déclare dépité un jeune homme. La fameuse contribution sociale de 1% est désormais facturée aux clients depuis ce vendredi sur chaque article et service.

Un véritable casse-tête pour les commerçants comme Agnès qui a dû prévoir des mises à jour de son logiciel de facturation. Un logiciel pourtant performant mais qui n’est pas sans faille. "Cette nuit, ils ont pris en main nos ordinateurs et ce matin, on avait notre taxe sociale à 1%, mise en place sur les tickets. Par contre, il y a eu un petit bug, car on regarde de près, ma TVA qui est à 16% du coup elle a perdu 1%", s'étonne Agnès Sautel, directrice des ventes chez Nature Land.

Rogner sur les marges

Dany représente 400 commerçants de Papeete, et comme lui environ 80% des patrons de la capitale ne sont pas prêts techniquement, mais pas seulement. "Appliquer la facture sur la facture, informatiquement ce n'est pas facile. Ensuite, c'est augmenter les prix ou de garder les prix qui sont déjà importants. Alors certains commerçants ont plutôt tendance à rogner sur leurs marges, ce qui est mon cas. Quand je vends un café à 300 cfp, si j'ajoute 1% de taxe sociale, cela fait 3 cfp. Donc vendre un café à 303 cfp, ça pose problème. Donc, je reste à 300 cfp et les 1%, je les prends pour moi", avoue résigné Dany Dana, patron de Patachou, et président de l’association Papeete centre-ville.

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Laurence Guilloux ne veut pas répercuter la taxe sociale afin que tout le monde puisse encore se payer une coupe de cheveux. ©Polynésie la 1ère

Avec une inflation de +4% selon le dernier rapport de la ISPF, Laurence Guilloux qui gère un salon de coiffure a décidé aussi de rogner sur ses marges plutôt que de répercuter la taxe sur sa clientèle. "J'ai une salariée qui est au Smig, je pense beaucoup à elle, et aux gens qui ont des salaires minimes, donc je prendrai sur moi tant qu'il faudra", lâche la coiffeuse, "je resterai fixe pour que tout le monde puisse avoir accès à une coupe de cheveux, ou une couleur...On sort à peine du covid, et ils nous enfoncent un petit peu plus. Ils auraient dû attendre".

"Taxe de la honte !"

Côté consommateurs, la facture est déjà très salée depuis plusieurs mois et cette contribution qui n’est autre qu’une autre taxe risque de creuser davantage la fracture sociale.

"On nous prend vraiment pour des pigeons, j'en ai ras-le-bol de payer et encore payer", se plaint un client. "Ca change beaucoup pour le travail que je fais, servir la jeunesse, et je dirais même que cette taxe sociale c'est la taxe de la honte ! Parce qu'elle ne tient pas compte des besoins de la population, on nous a emmerdés avec la vaccination et là on nous fout encore une taxe !", s'insurge un autre homme. 

Les Polynésiens doivent s’attendre à une hausse de cette contribution sociale d’ici à la fin de l’année.