Des chèques en blanc qui valaient des millions

justice polynésie française
les chèques ont moins la cote
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Une femme a comparu, mardi 28 septembre 2021, devant le tribunal correctionnel pour falsification et usage de chèques falsifiés mais aussi vol. Son ancien compagnon lui avait laissé des chèques en blanc. Elle les a déposés pour un montant de 30 millions de francs.

En décembre 2017, quand Auguste part en voyage en Nouvelle Zélande, il ne s’attend pas à ce que les chèques qu’il a remis à sa concubine, Maeva, soient débités le même jour. Et ce n'était pas pour les achats dont il pensait, achats de pneus ou courses courantes. Elle a déposé les chèques à la banque pour un montant de 30 827 000 francs. Maeva a acheté une voiture, des appareils électroménagers et a aussi déposé 20 millions de francs sur son compte professionnel. Les chèques étant signés de la main de l’homme d’affaires, la banque a encaissé et a refusé de le rembourser.

A la barre du tribunal correctionnel, la prévenue a expliqué qu’elle avait entrepris des travaux dans la pension de famille de son compagnon, pour plus de 20 millions de francs, mais qu'il ne l’a jamais remboursée. " Je dois déposer de l'argent à ma fille, tu dois attendre ", lui disait l'homme d'affaires. " Je n'avais pas confiance en lui, ça faisait longtemps que j'attendais mon argent " a expliqué la prévenue. Pourquoi ne pas avoir porté plainte, l’a interrogé le procureur. " Parce que j’étais sa concubine " a-t-elle répondu en pleurs. Expliquant qu'il était difficile de poursuivre son propre compagnon pour de tels faits.

Egalement appelé à la barre du tribunal correctionnel, Auguste a expliqué qu'il considérait avoir été victime d'un vol. Son avocat, a ironisé sur les achats effectués par la prévenue.

 

J'ai pensé que c'était son anniversaire et qu'elle s'était fait plaisir.

Avocat de la partie civile

 

Le conseil a expliqué que son client était fortuné et que certaines personnes mal intentionnées tentaient de " profiter de lui ". Dans son réquisitoire, le parquet a estimé que Maeva avait voulu " se faire justice ", " régler ses comptes ", il a requis 18 mois de prison avec sursis probatoire. Dans sa plaidoirie, l’avocat de Maeva a considéré qu’Auguste était un homme d’affaires et qu'il savait pertinemment comment utiliser un chèque. Dans ce dossier qu'il juge " déroutant ", l'avocat a précisé que sa cliente avait cherché à tout faire à l'amiable. Il a plaidé pour sa relaxe. 

Poursuivie pour falsification et usage de chèques falsifiés, vol, Maeva a été relaxée par le tribunal correctionnel. Les parties ont 10 jours pour faire appel.