Familles dans le besoin : difficile de survivre avec les seuls bons alimentaires

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Sans travail, comment payer sa nourriture, les charges et aider ses proches ? ©Polynésie la 1ère
On les appellera Maeva, Vaitiare ou encore Poema, derrière ces noms d’emprunt, des mères qui n’ont pas hésité à faire appel à la Direction des solidarités, de la famille et de l’égalité pour bénéficier de bons alimentaires pour nourrir leurs enfants. Car avec une inflation qui a atteint son plus haut niveau jamais connu, + de 7% en un an, nombreux sont ceux qui se retrouvent aujourd’hui dans une grande précarité.

Elle fait les cent pas en attendant que sa situation s’améliore, comme près de 12 500 personnes en Polynésie, celle que l’on nommera Vaitiare n’a plus qu’une alternative, les bons alimentaires à 48 000 cfp. "Nous on ne travaille pas, mais on en cherche. Mon mari et moi, on a 6 enfants, plus les belles-filles et les mootua, ça fait beaucoup quand même", dit elle. "J'ai des enfants, et tous les jours il faut faire le ma'a. Maintenant quand on calcule moi et mon tane, ça ne fait du tout 3 mois. Parfois à la fin du mois, c'est terminé, ou en un mois et demi, il n'y a plus rien", explique cette autre mère de famille.

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Des familles sans le moindre revenu mais avec des bouches à nourrir au quotidien. Leur vie n'est pas facile. ©Polynésie la 1ère

Même combat pour les familles mono-parentales. Maeva, mère célibataire, vit encore chez ses parents, elle a entamé les démarches pour bénéficier des bons alimentaires, mais jusqu’à aujourd’hui, pas de réponse. "Toujours à la recherche d'emploi, en attente d'un CAE justement. C'est quand même compliqué surtout en ce moment où il y a les PPN en augmentation, il y a les charges à payer, les parents à aider par derrière, c'est très compliqué", constate-t-elle amèrement.

Tendre vers l'autonomie alimentaire

Les agents de la DSFE d’Arue ont conscience de cette détresse. Ils traitent des demandes de bons alimentaires quasiment tous les jours, des demandes soumises à une vraie évaluation sociale. "Il faut voir avec elles quelle est leur organisation au quotidien, quelles sont les règles du fonctionnement familial, voir quelles sont les sources de revenus potentielles, et puis les aider sur le plan alimentaire mais surtout essayer de travailler avec les familles sur un parcours d'insertion pour aller vers une autonomie alimentaire", remarque Julien Lemaire, responsable de la circonscription d’action sociale de Pirae-Arue.

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Les agents de la DSFE d’Arue confrontés à la détresse sociale chaque jour. ©Polynésie la 1ère

Aller vers une autonomie alimentaire, cela passe donc aussi par un emploi stable, ce qui n’est pas évident au vu de la situation économique actuelle.

Ce jeudi matin, 215 millions cfp ont été alloués à la Polynésie au titre de la solidarité nationale… Un soutien financier sollicité et obtenu par le sénateur Teva Rohfritsch lors de l’examen par le Sénat du projet de loi de finances en août dernier.

Des bons alimentaires aux kits solidaires

Sur les 477 millions cfp, l’Etat accorde donc au Pays un peu moins de la moitié de l’enveloppe. La convention, signée ce matin, permettra à 12 481 Polynésiens, dans le besoin, d’avoir une aide alimentaire. Selon le haut-commissaire, cette aide n'est pas destinée uniquement à acheter à manger, "mais c'est une aide qui doit permettre d'acheter des kits solidaires" afin de lancer un jardin potager à domicile puis récolter et se nourrir des fruits de son labeur.  

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Ce jeudi, la signature de la convention qui alloue 215 millions cfp au Pays au titre de la solidarité nationale. De l'argent destiné à aider les plus démunis. ©Polynésie la 1ère