Kelliane: Portrait d'une bachelière au parcours atypique.

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kelliane bachelière au parcours atypique
kelliane bachelière au parcours atypique ©Polynésie la 1ère / Jérôme Lee
Déscolarisée depuis la classe de CM2, elle vient de passer son bac

Nos journalistes l'ont rencontrée chez elle, en train d'accorder son violon, un instrument qu'elle va pouvoir maitriser encore mieux cette année. Au programme, pas de cours ni de devoirs, elle vient de décrocher son bac en allant en classe, bien que Kelliane ait été déscolarisée depuis le CM2.

"J'ai mis de côté le cursus de l'école, mais j'ai pu apprendre des choses qu'on n'apprend pas à l'école J'ai pu apprendre sur le tas, en visitant les musées, ou en découvrant les différentes cultures, même juste le fait de converser avec d'autres personnes, tu apprends beaucoup" confie t'elle.

Cette jeune femme de 18 ans, sait d'ailleurs faire le thé oriental: son papa est turque, sa maman chinoise, mais surtout de 9 ans à 17 ans, elle a voyagé dans le monde entier en suivant des cours par correspondance.

parents de kelliane
parents de kelliane ©Polynésie la 1ère / Jérôme Lee

"C'est un choix qui venait plutôt de mon épouse, moi j'étais un peu étonné de ce système, je ne savais pas dans le passé qu'on pouvait déscolariser un enfant. C'est parti dans l'objectif de faire un essai, et puis c'est devenu définitif, ça a duré 9 ans jusqu'à son bac" nous dit Michel, son papa.

"Pendant nos voyages d'affaires, elle venait et participait, donc c'est pour ça qu'elle a une ouverture d'esprit, qu'elle est épanouie, en tout cas, c'est ce que tous les inspecteurs nous ont dit lors des évaluations de fin d'année. (...) Je privilégie aussi l'école de la vie car je pense que c'est la meilleure école, nous sommes allés à Montpellier assister au festival de l'école de la vie, (...) nous y avons rencontré un conférencier, André Stern qui a écrit le livre "Et je ne suis jamais allé à l'école" son livre est fabuleux. Il dit que les enfants sont nés pour jouer et qu'on apprend qu'avec le jeu." nous confie Lilianne, sa maman.

Mais Kelliane est quand même retournée au lycée l’an dernier pour passer son bac. Ce fut un vrai changement de vie, de rythme surtout : une autre vie, avec des horaires et des camarades de classe.

"J'ai dû m'adapter au rythme pour les devoirs et surtout les examens, au début c'était un peu compliqué surtout qu'on a eu le confinement, du coup j'ai pu m'adapter et faire mes devoirs à la maison, et ça m'a aidé un peu, puis quand je suis revenue, j'ai fait la connaissance de mes profs (...) je me suis fait beaucoup d'amis dans ma classe, et j'ai aussi revu mes amis d'enfance qui étaient au lycée, et on a ainsi pu passer plus de temps ensemble" 

kelliane avec son instrument préféré la flûte
kelliane avec son instrument préféré la flûte ©Polynésie la 1ère / Jérôme Lee

La jeune bachelière ne fera pas d’études cette année, trop attachée à sa liberté, elle va se consacrer à la musique.
" La musique c'est beaucoup de travail, mais aussi beaucoup de joie, j'en fais avec plaisir. C'est une passion, surtout la flûte. Le violon j'ai eu des hauts et des bas, mais la flûte, c'est plus mon instrument, je pense" nous dit Kelliane.
La musicienne est aussi une danseuse diplômée. Elle a décroché son brevet de Ori Tahiti l’an dernier au
conservatoire. Les activités artistiques d’abord, ou comment se construire une vie sans aller à l’école.