L'autonomie polynésienne inspirerait-elle les autonomistes corses ?

Polynésie ou Corse, à chacune son autonomie.
Après l'agression puis la mort d'Yvan Colonna et les violences qui ont suivi sur l'île de Beauté, le gouvernement central "a ouvert la porte à un changement de statut de la Corse et évoque l'exemple de la Polynésie française en compromis", relatait le site d'information HuffPost en début du mois. Aujourd'hui, la présidente autonomiste de l'Assemblée de Corse, a présenté une étude portant sur l'autonomie.

Le changement de statut de la Corse est dans l'air du temps. "L'autonomie impacte positivement le bien-être des populations" : c'est l'une des conclusions tirées par Marie-Antoinette Maupertuis, présidente autonomiste de l'Assemblée de Corse, à la lecture d'une étude qu'elle a commandée, réunissant 53 travaux de recherches universitaires internationales sur le sujet.

"L'autonomie dont nous parlerons n'est ni un fétiche, ni de la pensée magique ou un concept flou", a martelé Marie-Antoinette Maupertuis en présentant jeudi dans l'hémicycle insulaire une étude compilant "53 travaux de recherche sélectionnés au sein de la littérature académique internationale", avec "environ 80 pays concernés par les études recensées".

"Décentralisation législative et fiscale"

Pour la présidente autonomiste de l'Assemblée de Corse, l'autonomie recherchée par sa majorité politique correspond à "un degré fort de décentralisation législative et fiscale".

"Il n'y a pas d'un côté des nationalistes hors sol qui souhaitent obtenir l'autonomie comme un totem et de l'autre ceux qui se préoccupent des vrais problèmes de la vie des Corses", a-t-elle assuré, défendant "une autonomie au plus près des enjeux de notre île qui nous permette ensemble d'améliorer la qualité de vie, la santé, la liberté d'entreprendre, le revenu, le pouvoir d'achat, l'épanouissement social ou encore la défense de l'environnement et de notre culture".

Dans le rapport de 64 pages qu'elle a présenté et qui est mis en ligne sur le site de l'Assemblée de Corse, figure dix "enseignements" de ces travaux universitaires parmi lesquels le fait qu'il "existe un lien positif entre décentralisation et croissance économique", que "l'autonomie fiscale a un effet direct positif sur la santé et l'éducation", que "la décentralisation permet l'amélioration des performances environnementales" ou encore qu'il "existe des effets positifs directs de l'autonomie fiscale sur la réduction des inégalités de revenus".

Concertations avant l'évolution

Cet éloge de l'autonomie a été présenté une semaine après le lancement le 21 juillet d'un ""cycle de concertations d'une année", entre le ministère de l'Intérieur et les élus corses, pouvant déboucher sur une évolution institutionnelle de l'île de Beauté.

L'un des critères étudiés par le cabinet Kyrn'Economics qui a compilé ces travaux est l'indice de développement humain (IDH), qui intègre l'espérance de vie, le revenu national brut par tête et les années de scolarisation.

"Pour une augmentation de 1% du degré d'autonomie, on constate en moyenne une augmentation de 17,8% de l'IDH", pointe une étude de 2021 sur le lien entre décentralisation fiscale, décentralisation des dépenses et IDH pour un panel de 49 pays, principalement dans l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).