Que vont devenir l’ex-hôtel Méridien et les ex-employés malgré un potentiel repreneur américain ?

L'ex-hôtel Méridien est fermé depuis la crise sanitaire. Les employés ont été payés jusqu'en juin dernier, et depuis ils sont dans l'incertitude totale.
Le Tahiti Ia Ora Beach resort, ex-hôtel Méridien, placé en liquidation judiciaire...quid des 102 employés qui vont perdre leur emploi ? Le patron du groupe américain Redcore est toujours sur les rangs pour racheter l'hôtel et les deux autres Sofitel de Bora-Bora, dont l'homme d'affaires samoan Frédérick Grey est toujours propriétaire. Les employés demandent de l'aide au Pays.

Le Tahiti Ia Ora beach resort cherche repreneur. C’est fait, l’ex-Méridien n’a plus de propriétaire et du coup, les 102 employés toujours sous contrat mais sans salaire depuis le mois de juillet, vont être licenciés. "Nous demandons au gouvernement et à la justice de trouver une solution rapide à cette situation difficile et grave", écrivent-ils dans une lettre adressée au président du Pays. "Dans quelque temps, dans près peu de temps, nous allons perdre nos emplois. On va nous congédier, on ne sait même pas si nos salaires des 6 [derniers] mois vont être payés. On va perdre tous nos droits et c'est dramatique", se désole Teva Teriitemoehaa, ex-directeur de la restauration de l'ex-hôtel Méridien.

L'ex-hôtel Méridien est l'un des rares grands hôtels de Tahiti à posséder des bungalows sur pilotis.

Les 102 employés de cet hôtel de la côte ouest et les 62 employés des deux hôtels Sofitel de Bora-Bora sont donc en sursis. Ils continuent de croire dans le groupe américain Redcore, toujours en position d’acheteur potentiel. "Nous avons l'espoir d'une reprise parce qu'il y a ce potentiel acheteur qui lui veut racheter les 3 hôtels. Il ne veut pas racheter que Tahiti, il ne veut pas racheter que Bora Bora, il veut racheter les 3 hôtels, il nous l'a dit et j'ai confiance en lui...Il a besoin de trouver une solution parce que le dossier de rachat est tellement complexe, en raison des redressements judiciaires", poursuit Teva Teriitemoehaa.

Rachat ralenti

L’avocat du milliardaire américain Nicky Vantas confirme qu'il est toujours intéressé, mais les liquidations et autres redressements judiciaires ralentissent le rachat des trois structures hôtelières. "L'objectif du groupe Redcore est qu'ils [les employés] soient réembauchés, qu'ils soient repris le plus rapidement possible, et même durant les travaux de rénovation de l'hôtel", précise Brice Dumas, avocat du groupe Redcore.

Un investisseur américain aimerait racheter l'hôtel de Punaauia et ceux de Bora Bora, mais la procédure d'acquisition est freinée par la procédure judiciaire en cours.

L’homme d’affaires samoan Frédérick Grey qui avait racheté l’ex-Méridien en 2012 est parti en laissant des millions de dettes côté fournisseurs, banques et CPS. La justice pourrait prendre son temps mais les anciens employés n’en n’ont pas.