Obligation vaccinale : l'amende abaissée à 50 000 Fcp

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Session extraordinaire a l'assemblée
Session extraordinaire a l'assemblée ©Session extraordinaire a l'assemblée
Ouverture de la première séance de la session extraordinaire à l’Assemblée ce mercredi matin 16 février, dans un climat tendu. En effet, la majorité des représentants a rejeté l’inclusion des élus dans la liste des professions concernées par l’obligation vaccinale. Ils ont en outre adopté la baisse de l’amende à 50 000 Fcp, mais contre l’avis et l’amendement de Lana Tetuanui, sortie visiblement bouleversée.

Partie de poker menteur dans les allées de l’Assemblée de Polynésie française, ce mercredi 16 février. Les représentants doivent débattre de la baisse de l’amende relative à la vaccination obligatoire. Elle doit passer de 175 000 Fcp à 80 000 Fcp, comme l’avait annoncé le président Edouard Fritch en novembre 2021, en marge de la manifestation contre l’obligation vaccinale.

L’amende passe de 175 000 à 50 000 Fcp

Les non-inscrits et le Tavini Huiraatira demandent le retrait de cette amende, jugée « trop chère » pour le maire de Makemo, Félix Tokoragi, ou « injustifiée 6 mois après le vote de l’obligation vaccinale » pour Eliane Tevahitua. Le Tahoeraa réclame son abaissement au franc symbolique. En tout, 8 amendements sont déposés. Et la surprise vient du camp rouge et blanc : la sénatrice Tapura, Lana Tetuanui dépose le premier amendement pour abroger l’amende. La majorité dépose un sous-amendement par la voix de la présidente de la commission de la santé, Virgine Bruant, et propose une amende abaissée à 50 000 Fcp. « L’objectif de l’amende n’est pas de remplir les caisses du Pays, mais de pousser les plus réfractaires, » déclare la présidente du groupe Tapura, Tepuaraurii Teriitahi.

Ce sous-amendement est adopté par 37 voix pour, 19 voix contre et 1 abstention. Lana Tetuanui quitte l’hémicycle visiblement bouleversée « je prends acte de la décision de la majorité » et s’engouffre dans sa voiture, sans répondre aux questions des journalistes.

Anthony Géros, du Tavini, ne cache pas son écœurement : « Les rumeurs que l’on a eues en coulisses : ‘si vous ne votez pas le sous-amendement, vous ne serez plus sur la liste en 2023’. Ça m’a mis hors de moi. C’est pas possible ! On ne peut pas se la jouer politique, là ! On dépasse le cadre. Je n’ai jamais vu ça ! »

Les élus échappent à l’obligation vaccinale

Le Tahoeraa propose un autre amendement, rédigé par Raihere Heaux : inclure les élus (représentants de l’Assemblée de Polynésie Française, parlementaires et membres du gouvernement) dans la liste des professions concernées par l’obligation vaccinale. La séance est suspendue deux fois, à la demande du Tapura. Les discussions vont bon train dans la grande salle de réunion attenante à l’hémicycle. Finalement, aux alentours de 14h et en l’absence d’une grande partie de la majorité, en réunion politique au sein de l'Assemblée, l’amendement est rejeté à 33 voix contre, 16 voix pour. La présidente du groupe Tapura, Tepuaraurii Teriitahi, s’explique sur ce vote : « Cet amendement ne concernait pas tous les élus, seulement trois catégories […] L’idéal aurait été que ce soit étendu à l’ensemble des élus. […] ça aurait pu faire l’objet d’un sous-amendement, effectivement…On n’exclue pas que ça puisse repasser dans d’autres séances où on le soumettra, mais ce n’est pas une idée contre laquelle nous sommes : nous sommes pour la vaccination des élus, nous nous y soumettons. Cet amendement visait deux personnes en particulier [Gaston Tong Sang et Tearii Alpha ndlr], à côté de ça, on oublie tous les autres qui sont vaccinés. Retenez que nous, nous sommes exemplaires. »

Le maire de Makemo et représentant non-inscrit, Félix Tokoragi, ne décolère pas : « Ce qui m’exaspère dans ce comportement-là, c’est le fait de l’exemplarité. Je ne suis pas bien, moi, quand je vois qu’au perchoir, on valide une amende administrative quand on sait que le président de l’Assemblée n’est pas vacciné et continue dans cette voie à mettre une amende administrative à nos concitoyens. Je considère que la population est utilisée au détriment des politiciens qui font leur sauce à l’Assemblée de Polynésie. »

La Loi de Pays relative à la vaccination obligatoire est donc finalement adoptée en début d’après-midi par 36 voix « pour », avec une amende à 50.000 F et sans concerner les élus.