Smig revalorisé : intersyndicale et patronat pas d'accord pour des raisons différentes

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Le chiffre de 2% n'est pas assez pour les syndicats. Et plus que suffisant pour le patronat. ©Polynésie la 1ère
En conseil des ministres extraordinaire, le 28 avril, le SMIG a été augmenté de 2%. Il sera de 159 092 cfp précisément, à partir du 1er mai. Si une partie des syndicats s’en réjouit, ce n’est pas l’avis de l’intersyndicale qui dénonce une hausse insuffisante au vu du coût de la vie et une atteinte au Code du travail.

A compter du 1er mai, le SMIG augmente de 2%. C’est 3 100 cfp de plus sur la fiche de paie des salaires minimum, soit 159 092 cfp par mois.

Pour le gouvernement, cette revalorisation suit l’augmentation du coût de la vie de ces derniers mois. "Pour le mois d'avril en cours, nous allons passer 2 % [de plus], donc 4 cumulés, donc je suis obligé de le faire. Mais je pense qu'on va ouvrir rapidement des négociations parce que je sais que pour les chefs d'entreprise et le patronat, cela a un coût", a déclaré ce matin le président du Pays lors de sa visite des commerces de la ville.

Mais pour la plupart des syndicats, le gouvernement confond le protocole d'accord signé le 29 novembre 2021 qui prévoyait une réévaluation du SMIG de 2% au 1er décembre et l'augmentation du coût de la vie, relevée par l'ISPF (Institut de la Statistique de Polynésie française) au cours de ces derniers mois.

Hausse trop faible

Pour l’intersyndicale qui regroupe A ti’a i mua, O oe to oe rima, Solidaires et l’UNSA Education, ainsi que pour la CSTP-FO, les calculs ne sont pas bons. « Pour la première fois dans l’histoire du SMIG, cette revalorisation déroge au Code du travail, » assure Dimitri Pitoeff, d’A ti’a i mua, membre de l’intersyndicale.

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Dimitri Pitoeff d'Atia i mua. ©Polynésie la 1ère

Les syndicats dénoncent d’une part une hausse trop faible qui aurait dû être de 3,32%, et trop tardive d’autre part au vu de l’inflation des derniers mois. Si la revalorisation du SMIG n'est pas revue d'ici le 1er mai, ils envisagent de déposer un recours en référé auprès du tribunal administratif, pour ce qu'ils estiment être une atteinte au Code du travail qui prévoit : "[Le SMIG] est relevé dans la même proportion à compter du premier jour du mois qui suit la publication de l’indice entraînant ce relèvement."

Dimitri Pitoeff d'A ti’a i mua estime que "c'est une augmentation avec un message : "on a fait plus que l'inflation". Ce n'est pas vrai. Deuxième chose, nous n'avons pas encore l'indice du mois d'avril...mais nous avons tous constaté l'explosion des prix, notamment des prix alimentaires dans tous les magasins depuis le 1er avril"

Ou hausse trop forte

Pour le patronat, cette revalorisation est déjà largement suffisante. "C'est déjà à 2% aujourd'hui, décidé par le gouvernement, mais c'était déjà 2% en novembre [dernier]. Donc les entreprises aujourd'hui subissent 4% sur le salaire minimum. C'est beaucoup pour une entreprise qui ne sera pas capable de répercuter dans ses prix de vente la totalité de ces augmentations. Parce qu'elle est déjà soumise à quantité d'autres augmentations de charges", précise Frédéric Dock, président du Medef-Polynésie. 

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Frédéric Dock, président du Medef, pense que cette augmentation du smig qui s'ajoute à la récente hausse des salaires de novembre dernier est difficilement supportable pour les entreprises. ©Polynésie la 1ère

 

Actuellement, 16 000 salariés sont au SMIG, sur les 65 000 travailleurs polynésiens.