Une mission scientifique menée en Polynésie compromise par la guerre en Ukraine

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Etude menée sur des oiseaux migrateurs. ©Polynésie la 1ère
La guerre en Ukraine a anéanti une partie du travail de recherches mené en Polynésie française sur de nouveaux systèmes d'alerte précoce des catastrophes naturelles.

Le conflit politique entre l'Europe et la Russie sur fond de guerre en Ukraine a compromis une mission scientifique menée en Polynésie sur les oiseaux migrateurs. Les chercheurs français du Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN), présents sur le Territoire fin février, avaient commencé à équiper les courlis d'Alaska de balises ultralégères de 5 grammes, visant à recueillir des données sur les catastrophes naturelles à venir.

Le comportement des oiseaux permettrait peut-être d'anticiper séisme, tsunami ou éruptions. Les changements de trajectoire des animaux peuvent être un signe, comme en 1975 en Chine, lorsque les serpents étaient sortis de leur terrier en plein hiver juste avant le séisme, ou en Indonésie en 2004 lorsque les oiseaux étaient rentrés à l'intérieur des terres avant le tsunami. 

Transmission interrompue

Sauf que les données de ces balises, dites Icarus, fabriquées en Allemagne, sont réceptionnées par le module russe de la station spatiale internationale avant d'être retransmises aux allemands. Le contrat entre les deux pays a pris fin quinze jours après le début de la guerre en Ukraine... Aucune des balises déployées depuis Rangiroa ne pourra donc être exploitée, regrettent les chercheurs français.

On est privés du relais russe, à l'initiative des allemands qui ont coupé la collaboration. On se retrouve dans une situation un peu compliquée : on a posé un grand nombre de balises sur les oiseaux, mais elles ne nous donneront plus de nouvelles. Pour l'agence allemande, il n'y a pas de solution à court terme.

Romain Lorillière, chercheur au MNHN

Mais les chercheurs français ne baissent pas les bras. Pour remédier au problème et poursuivre la mission, les oiseaux vont être équipés de balises GSM plus lourdes, qui transmettront les données à Hawaii. 

Tous [les oiseaux migrateurs] qui quittent la Polynésie s'arrêtent à Hawaii au Printemps pour faire une pause avant de migrer en Alaska. Les courlis étant gros, on peut leur poser des balises un peu plus grosses qui collectent beaucoup plus de données, qui transmettent les données par le réseau GSM.

Frédéric Jiguet, chercheur au MNHN

Les biologistes seront de retour la semaine prochaine au fenua.

©polynesie