Le poids écrasant des thèmes de l'immigration et de l'inflation, le vote pro-Trump des électeurs masculins, noirs ou latinos, une entrée en campagne trop tardive et pas assez distanciée de Joe Biden, voici les motifs cruciaux expliquant la défaite de Kamala Harris.
Mais c'est l'impact plombant de l'économie qui a sans doute le plus nuit à Kamala Harris. "The economy, stupid", en clair "l'économie, c'est évident", c'est la fameuse citation entrée dans la postérité du stratège en chef de Bill Clinton, Jim Carville, pour expliquer la victoire du président démocrate en 1992.
Trente ans après, l'inflation post-pandémie et les prix élevés de l'essence et des produits de première nécessité ont fait très mal à la candidature de Kamala Harris et au bilan du président Joe Biden, contre lesquels Donald Trump n'a cessé de taper. "L'inflation a joué un rôle important" parmi d'autres éléments, comme l'immigration, souligne Bernard Yaros, économiste pour Oxford Economics. Et, dit-il à l'AFP, même si "l'inflation a ralenti, cela ne semble pas avoir profité au parti au pouvoir".
Classes moyennes oubliées
En Polynésie, le politologue Semir Al Wardi pense également que le camp démocrate a péché sur le volet économique, notamment par rapport aux classes moyennes, et cela bien avant l'ère Biden. "L'administration Obama ne s'était pas vraiment occupée d'elles surtout après la crise (économique des subprimes) de 2008. Il semblerait que l'administration Biden également ne s'est pas véritablement occupée des classes moyennes. Or on sait que les classes moyennes ont une importance capitale dans les élections, justement dans les changements de régime...Les classes moyennes font partie de l'électorat des démocrates...[mais] abandonnées depuis un moment", explique Semir Al Wardi.
Ecoutez-le, il est interviewé par Aiata Tarahu :