Vers la labellisation de la vanille de Tahiti et la création d'une fédération des chambres d'agriculture du Pacifique

Pour faire face à la concurrence, la vanille de Tahiti pourrait être labellisée.
Le "village du Pacifique" s'étend sur 500 m² : on y trouve de la vanille, des perles, des produits de beauté au monoï, des confitures, du rhum de Tahiti... La constitution d'une fédération des chambres d'agriculture et pêche du Pacifique doit dynamiser l'économie des territoires océaniens, c'est le souhait des différents producteurs polynésiens présents dans le salon

La vanille de Tahiti, l'une des stars de l'agriculture du fenua et surtout du salon de l'agriculture de Paris. Elle y affiche ses ambitions mais fait face à une concurrence féroce sur le marché national. Alors pour metre en lumière la qualité du produit, il faut revoir la stratégie commerciale. C'est en tout cas ce que pense Gilles Tefaatau, médaillé d'or du concours agricole en 2022 : "nous sommes contraints de nous unir pour échanger nos savoir-faire et en fonction du terroir, car la Polynésie est vaste comme l'Europe. Donc on a besoin de nous réunir. C'est pourquoi, je suis le nouveau président qui porte le projet de labellisation : IGP, indication géographique protégée. On souhaite labelliser la vanille de Tahiti".

Préparer la relève

Autre menace pour le monde agricole, le vieillissement de sa population. Du sang neuf est souhaité si on veut parler transition et souveraineté alimentaire dans les 3 territoires océaniens, l'une des raisons pour laquelle leurs 3 chambres d'agriculture se sont regroupées au sein d'une fédération. "Quand les personnes âgées partiront demain, qui va prendre la relève ? Donc on a un projet d'incubation d'entreprises dans l'agriculture, on en a parlé avec le Premier ministre pour voir dans quelle mesure l'Etat pourrait apporter un co-financement pour nos porteurs de projet sur la formation et leur accompagnement", déclare Thomas Moutame, président de la CAPL de Polynésie.

Gilles Tefaatau et Thomas Moutame au salon de l'agriculture de Paris.

Hinaraurea Manate fait partie de cette nouvelle génération de producteurs. La fondatrice et gérante de Pihiti, une gamme de cosmétiques à base d'huile de tamanu, souhaite une coopération efficace avec ses pairs océaniens. "C'est intéressant de coupler nos savoir-faire du Pacifique, parce qu'en général on est souvent isolé avec nos connaissances, en Polynésie, en Calédonie aussi. Le fait de créer cette fédération permettra aussi aux producteurs d'échanger", explique la jeune femme.

Avec ses produits exposés à Paris, la Polynésie se veut la locomotive pour les territoires du Pacifique.

Le reportage de Thierry Hilersaint :

©polynesie