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Le rapport du CESEC sur le diabète a fait l'unanimité

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CESEC diabète
©Polynésie la 1ère
En séance plénière, les élus du CESEC ont adopté à l'unanimité, ce vendredi 8 novembre, le rapport sur "Le diabète, un défi vital pour la Polynésie française". Objectif lutter contre l'inactivité physique et par la même le diabète, un défi vital pour la Polynésie française. 
Le diabète est le fléau numéro un en Polynésie, il touche un Polynésien sur cinq au fenua. C’est aussi un gouffre financier : il coûte plus de 10 milliards de Fcfp par an à la collectivité. Le CESC avait donc décidé de s'auto-saisir de la question. Les élus ont examiné ce vendredi matin ce rapport intitulé "Le diabète, un défi vital pour la Polynésie française". En séance pléinière, les élus du CESEC n'ont pas hésité à prendre le problème à bras le corps guidés par la coach Heitiare Tribondeau. Ils ont ensuite adopté à l'unanimité un projet de rapport qui met en lumière des mesures et actions considérées comme prioritaires.

Rédigé par Jean-François Wiart et Mareva Tourneux, le document qui part d'une auto-saisine du Conseil économique, social, environnemental et culturel, fait une centaine de pages et propose un état des lieux de cette maladie en Polynésie. Selon les chiffres de la CPS, plus de 12 500 personnes sont soignées, 90% d'entre elles sont atteintes du diabète de type 2 liée à une mauvaise hygiène de vie c'est-à-dire à une alimentation trop grasse, trop sucrée, trop salée, mais aussi à un manque d'exercices physiques. Selon l'Atlas du diabète, élaboré par la fédération internationale, il y aurait plus de 45 000 diabétiques en Polynésie dont 22 000 non diagnostiquées.

Dans le détail, les patients diabétiques diagnostiqués sont au nombre de 10 045 en longue maladie et de 2 868 en maladie, représentant  4,7 % de la population couverte. Ils génèrent 10,689 milliards de Fcfp. Les hospitalisations et la dialyse constituent les premiers postes de dépense de la pathologie, la fréquence ainsi que la gravité des complications ne diminuant pas. Pour le CESEC, le Pays doit donc prendre en urgence les mesures préventives et curatives qui s’imposent pour riposter efficacement contre l’aggravation dramatique de cette situation. Pour ce faire, le patient doit être placé au cœur des dispositifs et les décideurs politiques doivent faire preuve d’un engagement sans failles.


L'importance de la prévention


En septembre dernier, la Chambre territoriale des comptes pointait déjà du doigt dans un rapport des actions publique à peine initiée et une stratégie de communication insuffisante. Des observations que partage Jean-François Wiart, l'un des rapporteurs.
 

Interview


Et, la cible privilégiée en termes de prévention est la jeunesse comme l'explique le co-rapporteur de la saisine sur le diabète en Polynésie
 

C'est aussi la volonté de la CPS qui entend proposer des petits-déjeuners équilibrés, comme l'explique Patrick Galenon, le président du conseil d'administration de la Caisse. Un plan quinquennal de lutte contre le diabète et l'obésité dans les écoles maternelles et primaires devrait d'ailleurs être amorcé dès la rentrée 2020.​​​​​​​
 

Interview


Par ailleurs, le CESEC propose un dépistage obligatoire dès l'âge de 40 ans. "Si on dépiste tout de suite les gens diabétiques, et si on les soigne, on n'aura pas à dépenser tout cet argent. C'est une mesure financière et en même cela va leur sauver la vie", explique Jean-François Wiart
 

Interview


 

 

Certaines recommandations du CESEC
En matière de prévention et de promotion de la bonne santé : 

-       Mener des campagnes de communication efficaces et encadrer strictement le marketing alimentaire ;
-       Redonner aux familles l’envie de cuisiner ;
-       Lutter contre la sédentarité via la promotion de moyens de transport actifs, des installations et matériels sportifs adéquats et abordables ;
-       Agir sur les habitudes alimentaires en milieu scolaire tout en favorisant l’activité physique et sportive ;
-       Améliorer et renforcer la médecine scolaire et le suivi médical des enfants ;
-       Instaurer un cordon sanitaire aux abords des établissements scolaires par le biais d’un encadrement strict des produits vendus et d’un agrément sanitaire ;
-       Agir sur la nutrition et favoriser la pratique d’une activité physique dans le monde du travail ;
-       Développer le suivi médical des salariés par le biais de la médecine du travail qu’il est nécessaire de faire évoluer et renforcer ;

En matière d’économie et de fiscalité :

-       Prendre des mesures fortes combinant taxes et subventions, afin de rendre financièrement plus attractifs les produits « sains » et moins intéressants les produits « malsains » (trop sucrés, trop gras, trop salés) ;
-       Agir sur la taxe sur le sucre (augmentation des prix d’au moins 22% comme en Nouvelle Calédonie) ;
-       Elargir la taxation, autant que possible, aux aliments riches en mauvaises graisses et en sel ;
-       Revoir la liste des PPN en fonction de critères sanitaires souhaités, des écarts de prix entre produits locaux et importés et intégrer des critères de qualité notamment dans la procédure d’appel d’offres de la farine ;
-       Programmer par voie réglementaire, des objectifs échelonnés dans le temps, de composition nutritionnelle saine par familles d’aliments, pour les importations et les productions, en collaboration avec les importateurs et industriels locaux, afin d’adapter leurs activités. 

En termes d’amélioration de la qualité des produits alimentaires locaux :

-       Adopter un Schéma directeur de l’agriculture qui favorise un approvisionnement régulier et un développement de circuits courts ;
-       Soutenir fortement l’agriculture biologique via la restriction de la vente et de l’utilisation de produits chimiques ;
-       Encadrer la production alimentaire industrielle locale pour réduire la quantité de sucre, de graisses et de sel ;
-       Améliorer l’information des consommateurs et la traçabilité des produits (étiquetage nutritionnel) ;

En matière de prise en charge optimale de la maladie :

-       Rendre obligatoire le dépistage du diabète à partir de l’âge de 40 ans ;
-       Adopter urgemment un panier de soins spécifique dont le mode de financement ne doit pas reposer sur les seules cotisations sociales mais également sur une contribution du Pays ;
-       Mettre en place une éducation thérapeutique et un accompagnement soutenu pluridisciplinaire grâce à une structure dédiée ;
-       Maîtriser les coûts via le développement de la greffe rénale ;
-       Financer l’offre de traitement de l’insuffisance rénale via le budget du Pays ;

En termes de gouvernance et de pilotage de l’ensemble de ces mesures :

-       Adopter une véritable politique publique de lutte contre le diabète, augmenter le budget et les moyens dédiés à la prévention par le biais des mesures fiscales et économiques préconisées en amont ;
-       Créer une délégation à la prévention de l’obésité et du diabète, placée sous l’autorité du Président de la Polynésie française, chargée de coordonner planifier et piloter efficacement les mesures liées à la lutte contre l’obésité et le diabète ;
-       Faire de l’évaluation une priorité en développant une méthodologie et des indicateurs de suivi (à court, moyen et long terme) pour avoir une bonne connaissance épidémiologique, orienter les financements, optimiser les moyens et apporter les corrections nécessaires. 



 
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