Sécurité au port, l'exaspération du syndicat des manutentionnaires

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Sécurité au port, l'exaspération du syndicat des manutentionnaires
©polynésie.la1ère

Un accident vendredi 4 juin a coûté sa jambe à un homme. Il circulait en scooter sur le port quand un engin de manutention l’a heurté. Dans une lettre au Président du Pays, le syndicat des travailleurs de la manutention portuaire dit son exaspération devant l’absence de sécurité au port.

Engins + humains, une cohabitation dangereuse

C’est un titan sur roues capable de soulever à lui seul des containers de plusieurs dizaines de tonnes. Un chariot élévateur comme on en voit beaucoup sur le port autonome de Papeete. Un géant qui partage son territoire avec des petits hommes fragiles. Pour que la cohabitation se passe bien, il y a des règles de sécurité à respecter. Encore faut-il qu’elles soient appliquées. Et c’est bien ce qui pose problème au syndicat des travailleurs de la manutention portuaire. Son secrétaire général, Mahinui Temarii ne mâche pas ses mots.

Ce n’est pas un manquement à la sécurité…. là y’en a pas du tout !

Et parfois cela produit des drames comme vendredi dernier, 4 juin. Un docker y a perdu une jambe définitivement. Il circulait à scooter dans la zone sous-douane quand un chariot élévateur lui a reculé dessus. Le scooter n’aurait pas dû être là.

La sécurité en question

Depuis des années, le syndicat alerte sur la sécurité au port en zone sous douanes, les exemples ne manquent pas. Des allées et venues qui ne seraient pas suffisamment contrôlées, des normes de sécurité non-respectées, comme le quai qui, d’après lui, ne serait pas assez renforcé pour accueillir les grues de dernière génération : « La hauteur de cette grue, la puissance qu’elle a, le poids qu’elle a, si jamais elle casse le quai, elle chavire sur le bateau. Elle peut tuer le grutier, les personnes qui travaillent en bas et mettre en danger le bateau ».

Des décisions qui tardent

Depuis 2012, le syndicat réclame la mise en place d’un coordonnateur pour la sécurité. Une demande apparemment acceptée mais jamais mise en œuvre. Dans un courrier adressé au Président du Pays, Mahinui Temarii ne tempère pas son exaspération.« Ceux qui décident c’est le pays… ce n’est pas qu’ils ne font pas leur travail, c’est qu’ils font rien du tout ! »

Contactées, la direction du port autonome et l’inspection du travail n’ont pas souhaité répondre à nos questions dans l’immédiat. De son côté, le syndicat compte porter plainte et envisage une grève. En 50 ans, le port a déploré près d’une dizaine de morts.

Retrouvez ci-dessous le reportage de David Couanon et Hiro Terorotua :