Violences à Washington : "On a l'impression de voir un mauvais film"

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©TASOS KATOPODIS / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP / FRANCEINFO

Des images hallucinantes dans une démocratie. Mercredi 6 janvier, la cérémonie de certification de Joe Biden a été interrompue par des centaines de partisans de Donald Trump, qui ont envahi le Capitole. A Tahiti, Jean-Pierre Lebrun, Franco-américain, s'est dit choqué par ces scènes de chaos.

La démocratie américaine a connu une sombre journée. A Washington, des centaines de partisans de Donald Trump ont envahi, mercredi 6 janvier, le Capitole, juste après un discours enflammé de l'actuel président des Etats-Unis. "Nous n'abandonnerons jamais. Nous ne concéderons jamais" la défaite, a-t-il lancé à  ses supporters. "Nous ne reprendrons jamais notre pays en étant faibles. (…) Vous devez être forts. Je sais que tout le monde ici marchera bientôt vers le Capitole, pour pacifiquement, patriotiquement faire entrer vos voix."

Quelques minutes plus tard, les trumpistes ont fait irruption dans le siège du Parlement américain alors que le Congrès était en train de valider la victoire à la présidentielle du démocrate Joe Biden, qui entrera en fonction le 20 janvier 2021. Le président élu, a dénoncé une insurrection, "notre démocratie est victime d'une agression sans précédent" a t-il déclaré. A Tahiti, Jean-Pierre Lebrun, professeur d'anglais au lycée de Samuel Raapotoo qui a la double nationalité française et américaine, s'est dit choqué par ces scènes de chaos.

 

Le bilan des heurts au Capitole est très lourd. Quatre personnes sont mortes sans que l'on connaisse encore toutes les circonstances des décès. La femme mortellement blessée dans l'enceinte même du Congrès a été abattue par la police du Capitole, a annoncé le chef de la police de Washington. Ardente partisane du président Donald Trump, elle s'appelait Ashli Babbitt et vivait dans la région de San Diego, dans le sud de la Californie, ont rapporté des médias américains. Elle faisait partie d'un groupe de manifestants qui ont semé le chaos dans le Capitole, alors que les élus entamaient la certification de la victoire du démocrate Joe Biden.

La police a également procédé à 52 interpellations mercredi, dont 26 dans l'enceinte du Capitole. Deux bombes artisanales ont été saisies. Selon un premier bilan des blessés, huit manifestants ont été touchés ainsi que 14 policiers dans les affrontements.

Facebook bloque le compte de Donald Trump 

 

La ministre américaine des Transports, Elaine Chao a annoncé, jeudi 7 janvier, sa démission, mentionnant son "trouble" face à l'invasion du Capitole par des partisans du président Donald Trump. "Notre pays a vécu un événement traumatisant, totalement évitable (...) qui m'a tellement troublée que je ne peux pas l'ignorer", a justifié dans un communiqué celle qui est à la ville l'épouse du chef des sénateurs républicains Mitch McConnell. Elle est la première membre du cabinet de Donald Trump à annoncer sa démission depuis les violences du Capitole mercredi.

Par ailleurs, l'ancien chef de cabinet de Donald Trump Mick Mulvaney a annoncé jeudi qu'il quittait son poste actuel de diplomate."Je ne peux pas rester, pas après hier. On ne peut pas voir ce qui s'est passé hier et vouloir en faire partie d'une quelconque façon", a-t-il déclaré sur la chaîne CNBC. 

Les comptes Facebook et Instagram du président sortant des Etats-Unis, Donald Trump, sont bloqués pour "au moins les deux prochaines semaines", a annoncé, jeudi 7 janvier le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, au lendemain des violences au Capitole.

 

"Ce qui est arrivé aujourd'hui à Washington n'est pas américain, assurément"

Emmanuel Macron, président de la République

 

En France, Emmanuel Macron a réagi après les violences à Washington. "Nous ne céderons rien à la violence de quelques-uns qui veulent remettre en cause" la démocratie, a déclaré le président français dans une vidéo. "Quand, dans une des plus vieilles démocraties du monde, des partisans d'un président sortant remettent en cause, par les armes, les résultats légitimes d'une élection, c'est une idée universelle - celle d'un homme, une voix - qui est battue en brèche", a ajouté le président français. 

"Ce qui est arrivé aujourd'hui à Washington n'est pas américain, assurément", a-t-il conclu, cette fois en anglais, dans une allocution prononcée solennellement derrière un pupitre à l'Elysée, diffusée sur les réseaux sociaux vers 3 heures du matin. Comme le président français, plusieurs dirigeants mondiaux ont condamné l'irruption de manifestants pro-Trump au Capitole, dénoncé une "attaque contre la démocratie" et appelé au respect du résultat de l'élection présidentielle américaine.

 

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