Violences policières : plusieurs manifestations en métropole

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©AURORE MESENGE / AFP / FRANCEINFO
Ce samedi 13 juin, plus de 20 000 personnes ont manifesté en métropole pour protester contre le racisme et les violences policières. 
Dans le sillage de la mort de George Floyd aux Etats-Unis, la famille d'Adama Traoré veut relancer médiatiquement l'affaire en France, érigée en symbole des violences policières. Après une première manifestation qui a rassemblé 20 000 personnes devant le tribunal judiciaire de Paris le 2 juin, un défilé était organisé samedi 13 juin, de la place de la République à Opéra. Cette manifestation a rassemblé 15 000 personnes, selon la préfecture de police de Paris. Des heurts ont éclaté entre les forces de l'ordre et les manifestants en fin d'après-midi sur la place, dont le cortège n'est finalement jamais parti. 

En plus de la capitale, plusieurs autres défilés à travers l'Hexagone ont eu lieu. A Bordeaux, environ 500 personnes ont défilé. A Lyon, 2 000 personnes s'étaient rassemblées, la fin de manifestation s'est également tendue entre quelques dizaines de manifestants et les forces de l'ordre. A Nantes, ce sont un millier de personnes qui ont défilé en fin d'après-midi, tandis que dans l'Est de plus petits cortèges ont marché à Metz (200), Nancy (550) et Besançon (550).
 

Vingt-six interpellations  


A 19 heures, la préfecture de police annonçait avoir procédé à 26 interpellations. Parmi elles, douze personnes sont des militants d'extrême-droite, a appris franceinfo de source policière. Le mouvement Génération identitaire avait déployé en début de rassemblement une banderole sur le toit d'un immeuble place de la République où il était écrit : "Justice pour les victimes du racisme anti-blanc". La banderole a finalement été déchirée, sous les applaudissements de la foule.

Un cortège a été bloqué place de la République. "La manifestation n'est pas déclarée et les rassemblements sont interdits, même si la manifestation n'a pas été formellement interdite", a déclaré une source policière à franceinfo. "Pour l'instant, le choix est fait de ne pas laisser partir le cortège mais d'autoriser les manifestants à rester sur place, comme pour le rassemblement de SOS Racisme", a-t-elle poursuivi. 

Assa Traoré, la sœur d'Adama, a pris la parole lors du rassemblement à Paris. "C'est une victoire que la France reconnaisse qu'il y a du racisme dans la police française", a déclaré Assa Traoré place de la République, à Paris. "C'est le peuple français qui [mène] ce combat, pas seulement la famille Traoré, pas seulement les familles de victimes. Personne ne doit rester spectateur de la mort, de la violence raciale, de qui que ce soit", a-t-elle poursuivi, réclamant "une justice juste pour tout le monde". 

Officiellement, en raison de la crise du coronavirus, les rassemblements de plus de dix personnes, et donc cette manifestation, sont interdits. Le ministre de l'Intérieur avait néanmoins annoncé lundi qu'ils seraient tolérés, en raison de "l'émotion mondiale, qui est saine sur ce sujet". Pour parer à d'éventuels débordements, le préfet de police de Paris, Didier Lallement, avait demandé la fermeture des commerces, débits de boissons et restaurants situés sur le parcours de la manifestation parisienne. 
 

Améliorer la déontologie policière


Par ailleurs, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a annoncé lundi plusieurs mesures pour améliorer la déontologie policière, dont la suspension systématique, après enquête, des agents "pour chaque soupçon avéré d'actes ou de propos racistes". "La technique de l’étranglement ne sera plus enseignée dans les écoles de police", a par ailleurs confirmé vendredi le ministre dans un communiqué, au lendemain de sa rencontre avec les syndicats de policiers aux côtés du secrétaire d'Etat Laurent Nuñez. Une "expérimentation" du "pistolet à impulsion électrique" va être menée et "les caméras-piétons", portées par les policiers, vont être généralisées.

Yassine Bouzrou, l'avocat de la famille d'Adama Traoré, s'interroge sur l'existence d'un passif entre le jeune homme de 24 ans et un des trois gendarmes ayant procédé à son interpellation, dans un courrier aux juges daté de vendredi et consulté par l'AFP. Yassine Bouzrou avance la possibilité d'une "vengeance" envers le jeune homme et estime que "cette hypothèse doit être envisagée par la justice".
 
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