Ignace, pas une sainte mais une combattante

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Lucie Ignace
Lucie Ignace, la Réunionnaise de 19 ans, débute ce jeudi à 13h15, heure de la Réunion, ses premiers championnats du monde à Paris. Un rendez-vous qu'elle attendait avec impatience, elle, qui figure parmi les favorites de sa catégorie des -55kg.
Quoi de mieux que de supporter ses camarades de l'équipe de France pour prendre la mesure de l'évènement. Mercredi, Lucie Ignace était dans les gradins du Palais Omnisports de Paris-Bercy pour encourager les karatékas français en lice lors du premier jour des championnats du monde. Si elle avait déjà découvert la salle, vide, avec l'équipe de France mardi, la voir remplie de supporters fait son petit effet. "Ca motive énormément, ça va permettre de nous transcender, imagine-t-elle, mais elle (la salle, ndlr) est grande quand même". A 19 ans - elle est née le 16 décembre 1992 à Saint-Denis -, la licenciée du Shoto Club du Bras-Panon a "hâte d'y être". Triple championne de France, troisième aux championnats d'Europe de Ténérife, elle espère remonter sur le podium pour ses premiers Mondiaux, et ne cache pas son désir d'or. "C'est l'objectif principal", assure-t-elle. "Elle a les qualités pour, elle a travaillé pour cela", embraye Georges l'un des ses entraîneurs du Bras-Panon. Des qualités développées très jeune si on écoute la jeune femme. "Plus petite, j'étais très énergique. A la maternelle, je tapais mes camarades, reconnaît-elle. Ensuite en primaire, pour me canaliser, mes parents m'ont inscrite au karaté, j'avais 8 ans". Douze ans plus tard, la diplômée en BTS Assistant Manager, ne tape plus ses camarades, seulement ses adversaires. "Dans la vie de tous les jours, elle est douce, gentille, attachante, mais lors des combats, elle est volontaire, très explosive", décrit son entraîneur.

Exigeante ou pas?
A la veille de se lancer dans ses Mondiaux, elle n'apparaît pas du tout effrayée. "Je n'ai pas peur et de toutes façons, je ne peux plus faire marche arrière", sourit-elle. Sa préparation à La Réunion - "pour rester avec sa famille", précise Georges - n'a pourtant pas été simple si l'ont en croît celui qui la suit depuis ses débuts. "Parfois, comme les filles de son âge, elle a envie de faire ce qu'elle veut, mais il y a un cadre à respecter", note-t-il. "Elle est plutôt cool, il faut parfois batailler pour imposer les choses. Ca lui arrive de rouspèter en retour". Quand on l'interroge sur les difficultés à lier l'exigence du haut-niveau et les aspirations d'une fille de son âge, Lucie tient une version différente : "Ce n'est pas difficile, il faut juste que je me fixe des objectifs. Mes parents sont là pour, ils voient que je peux concilier les deux, ils ne me mettent pas la pression". Elle ne la ressentait pas non plus à la veille de son premier combat. "J'ai remporté beaucoup de victoires cette saison, pas autant que certaines filles par rapport auxquelles j'ai moins d'expérience, mais on verra...". Début de réponse ce jeudi avec les éliminatoires et les demi-finales avant une éventuelle finale ce samedi.
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