Le gouvernement veut légiférer "la fin de vie"

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La population en fin de vie a besoin d'aide
©afp.com/Jean-Francois Monier
Le rapport Sicard sur la fin de vie a été déposé ce mardi 18 décembre. Il ouvre le débat sur le "suicide assisté".
C'est un débat douloureux qui s'ouvre avec la remise du rapport Sicard. Comment devons-nous accompagner les fins de vie douloureuses?
Didier Sicard, ex-président du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) et actuel président d'honneur a déposé son rapport sur la fin de vie. Il s'était vu confier cette réflexion il y a cinq mois, suite à l'engagement 21 du Président de la République, "pour une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité". Selon le journal La Croix, qui se l'est procuré, il ouvre la porte au "suicide assisté".
 
Le rapport souhaite notamment renforcer une législation déjà existante, celle de la loi dite Leonetti d'avril 2005 qui interdit l'acharnement thérapeutique et privilégie le traitement de la douleur, même si celui-ci doit abréger la vie.
Il s'agit de lutter contre une "médecine sans âme" et des "obstinations déraisonnables".
Cette loi très méconnue devrait donc sortir de l'ombre et devenir le crédo médical en situation de fin de vie dans les traitements lourds.
Un sondage commandé par la commission et le ministère de la santé en novembre 2012, auprès de la TNS Sofres, service d'information du gouvernement, sur un échantillon représentatif de 1000 personnes, témoigne de la méconnaissance totale de la population sur le sujet et sa législation. La loi Leonetti de 2005 est donc une inconnue inappliquée.
 
Des pistes de réflexion
 
Le rapport explique également l'insuffisance de cette loi, pointée pourtant comme un premier pas. Il veut aller plus loin.
Plusieurs recommandations sont apportées, sans pour autant s'aventurer sur le terrain de l'euthanasie, à ne pas confondre avec l'assistance au suicide.
Elle prévoit par exemple d'améliorer la formation médicale en soin palliatif, et d'obliger les internes à effectuer un stage dans ces services.
Gageons que ce début de réflexion engagé ne fait que commencer. A la Réunion, les spécialistes réagissent prudemment. Benjamin Guy, médecin responsable de l'équipe mobile de soin palliatif du centre hospitalier de Félix Guyon, espère y trouver une étude en profondeur qui sache refléter les besoins réels de la population en fin de vie.
L'enjeu est de taille pour cet ancien étudiant de Denis Sicard qui a été son président de thèse. Il a d'ailleurs mené une enquête au marché de nuit et au florilège du Tampon auprès du grand public afin de faire réfléchir les réunionnais sur le sujet. Les résultats ne sont pas encore publics mais ont étés transmis à la commission Sicard.
Pour le Docteur Badamia, chef de service médical d'hospitalisation d'Arar Soins à domicile, la demande d'assistance en fin de vie est peut-être moins importante à la Réunion qu'en métropole. "Anthropologiquement, la culture réunionnaise est très empreinte par les religions".
Le médecin a néanmoins déjà eu des demandes en ce sens de la part de ses patients "mais elles sont rares, et on a parfois des surprises, ils peuvent changer très vite d'avis, et des patients en phase terminale finissent parfois par s'en sortir".
Mais pour ce spécialiste de l'accompagnement en fin de vie, il y a néanmoins des progrès à faire dans la prise en charge des soins palliatifs. Il faut mieux informer la population à ce sujet.
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