Mamodtaky : un nouveau procès plein d'incertitudes

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Mamodtaky : un nouveau procès plein d'incertitudes
Anita Remtoula et maître Rémy Boniface ©L. Saïdi
Le procès en appel de Mamod Abasse Mamodtaky s'est ouvert hier devant les assises de Créteil, en région parisienne.
Cet ex-homme d'affaires fortuné comparait pour la troisième fois devant la justice après la mort de cinq membres de sa belle-famille, il y a dix ans à Madagascar.
Au début de l'audience, hier, Mamod Abasse Mamodtaky, visage sec, né il y a 40 ans  à Madagascar, a décliné son identité en français et s'est présenté devant la cour comme "commerçant".
Il fera face pendant les trois semaines que doivent durer les débats, à 12 membres de la famille Remtoula dont la plupart étaient hier vêtus de blanc en signe de deuil.
 
"Ce procès est très important pour ma famille, a déclaré l'ex-femme de  l'accusé, Anita Remtoula, émue aux larmes. "Je lutterai jusqu'au bout pour que Mamodtaky soit puni très sévèrement".


 
La première matinée du procès a été consacrée à la longue recension de la cinquantaine des témoins et experts appelés à déposer devant la cour, la plupart par visio-conférences depuis Madagascar ou la Réunion. Le flou demeurait cependant hier matin sur la participation effective de certains témoins malgaches.
 
"La visio-conférence est très difficile à mettre en place car les autorités malgaches sont réticentes", selon l'une des avocates de l'accusé, Maître Corinne Dreyfus-Schmidt, "il n'y a aucune garantie. Il peut y avoir des pressions. Ce dossier est complètement imprégné d'aléas politiques".
 

Mamodtaky : un nouveau procès plein d'incertitudes
Les avocats de Mamodtaky : Marie Briot, Eric Dupond-Moretti et Corinne Dreyfus-Schmidt ©L. Saïdi

Condamné à la prison à vie en première instance à Paris en 2010, Mamod Abasse Mamodtaky est défendu par un trio d'avocats, dont le plus fameux des pénalistes français, Eric Dupond-Moretti.

Avocate depuis des années de Mamodtaky, Marie Briot, avocate au barreau de Saint Denis de La Réunion, a l'intention de porter l'affaire devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme afin que la France soit condamnée pour non respect des principes fondamentaux de la défense. Elle dénonce également l'extradition de son client vers la France. Elle affirme que la procédure malgache était illégale. 

Le verdict est attendu le 22 février.
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