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Les cages de la baie de Saint-Paul disparaîtront avec la liquidation de la ferme aquacole

Depuis un mois la ferme aquacole est à l’abandon. Ses cages qui accueillaient les ombrines tropicales trônent toujours dans la baie en attendant la liquidation définitive de l’entreprise. La fin d’une aventure de plus de 20 ans.

Au fil du temps les cages vides de la ferme aquacole se transforment en DCP (dispositif de concentration de poisson) © Alain Diringer
© Alain Diringer Au fil du temps les cages vides de la ferme aquacole se transforment en DCP (dispositif de concentration de poisson)
  • Par Fabrice Floch
  • Publié le , mis à jour le
Les cages de la ferme aquacole sont vides. La liquidation a été prononcée, le jeudi 17 avril 2013 par le tribunal mixte de commerce de Saint-Denis. Cette société piscicole avait été créée en 1991 grâce aux fonds européens et  à la volonté de la Région. Le projet original, installé dans la baie de Saint-Paul, vivotait sans attirer l’attention. Puis survint la « crise requin » !
 
Les requins attendent
 
Très rapidement, la ferme et ses cages qui contenaient des ombrines tropicales ont été montrées du doigt.
Selon la rumeur, des dizaines de requins bouledogues et tigres attendaient l’écume au bord de la « gueule » de dévorer les poissons d’élevage. La ferme était, donc, à l’origine de la présence des squales et même (sous entendu) responsable, indirectement, des drames.
 
Un repreneur avant juillet
 
Aujourd’hui, l’entreprise Aquamarine-de-Bourbon n’est plus. Seules subsistent les structures qui permettaient d’accueillir les poissons d’élevage. Le mandataire judiciaire, Maître Houssen Badat attend : " Le mois de juillet pour procéder à la liquidation définitive des actifs ou la reprise grâce à l’offre d’un repreneur ". Les employés de la ferme, eux, n’espèrent plus rien. Ils ont présenté une offre de reprise, mais elle a été rejetée. Ils pointent, désormais, au Pôle-Emploi.
 
Un DCP dans la baie
 
La structure, à l’abandon, est désormais colonisée par les huîtres perlières. Quelques précieuses, demoiselles et un platax qui profitent de ce DCP (dispositif de concentration de poissons) inespéré. En revanche pas le moindre requin sédentaire sur place. Des plongeurs militent, déjà, pour le maintien des cages dans la baie du plus bel ancrage. Mais la politique d’élevage marin semble, pour l’instant, abandonnée et des voix s’élèvent pour supprimer au plus vite ces cages et ces filets des eaux turquoises.
 
Un savoir faire perdu
 
Pourtant à l’heure de la chute des ressources halieutiques, Aquamarine-de-Bourbon a prouvé pendant 20 ans que l’élevage de poissons dans l’océan Indien était possible. L’Arda (association réunionnaise développement aquaculture) financée par la Région a acquis un vrai savoir faire dans la production d’alevins. Une association également financée par la Région. Reste, le problème de la vente de cette production. Les poissons d’élevage sont inconnus des consommateurs réunionnais et les prix en grandes surfaces n’incitaient pas à la découverte. Reste une expérience positive sur de nombreux points qui se termine en queue de poisson.

 

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