Dossier SIB : le gouvernement annonce de bonnes intentions.

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Les 32 employés attendent la décision de la direction. ©Thierry Chapuis (Réunion 1ère)
"Nous serons mobilisés pour assurer la pérennité d’une activité industrielle sur le site et l’accompagnement des salariés." a affirmé hier Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des petites et moyennes entreprises. Une bonne intention mais rien de concret pour l'heure.
Huguette Bello députée-maire de Saint-Paul, a interpellé hier à l'Assemblée nationale le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg. En l'absence du ministre, c'est Fleur Pellerin qui a répondu. Rien de bien concret mais "le gouvernement sera attentif"... Voici l'intégralité de l'échange:
 
Question d'Huguette Bello : "La Société industrielle de Bourbon a décidé de cesser son activité de production dans l’île au motif de coûts de fabrication trop élevés et d’une moindre compétitivité du site. De confortables dividendes ont toutefois été versés y compris en 2012. 
Au nom des économies d’échelle, les produits destinés au marché réunionnais devraient désormais être fabriqués dans la plus importante usine d’Europe du groupe située à Compiègne avant d’être exportés à plus de 10000 km en dehors de toute considération quant aux circuits courts de distribution et aux bilans carbone. 
 
Cette délocalisation devrait s’opérer au détriment des 32 salariés de l’usine, dont les deux-tiers ont plus de 45 ans, et des nombreux sous-traitants. Sur un marché du travail où le taux de chômage est de 30%, il est facile d’imaginer que leurs perspectives de réinsertion locale sont plus que limitées. 
 
Cette décision remet également en cause le modèle d’import-substitution développé avec succès à la Réunion durant ces dernières décennies. Elle pose la question des stratégies des multinationales dans les régions d’Outre-mer, surtout lorsqu’elles bénéficient des dispositifs publics de soutien à l’emploi. La SIB a perçu 320 000 euros au titre des exonérations de cotisations sociales 
 
La sauvegarde de l’emploi et la préservation de l’outil de production sont au cœur des préoccupations de votre Ministère. L’un et l’autre sont en danger dans cette usine. Les salariés de la SIB sont les premières victimes des restructurations du géant américain. Seront-ils les premiers bénéficiaires de votre intervention directe à la Réunion ?" 
 
 
Réponse de Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des petites et moyennes entreprises : "Madame la députée, avec Victorin Lurel, actuellement en déplacement en Polynésie, et Arnaud Montebourg, qui se trouve au sommet franco-espagnol, nous sommes particulièrement attentifs à la situation de la Société Industrielle de Bourbon. Le groupe Colgate-Palmolive, actionnaire unique, a annoncé, le 21 novembre, qu’il envisageait d’arrêter la production à la Réunion et de fermer la société dans les tout prochains mois. Ce projet de cessation d’activité est ainsi motivé par l’actionnaire : "Dans le but de sauvegarder la compétitivité du secteur d’activité du groupe, auquel appartient la Société industrielle de Bourbon, il serait envisagé de cesser toute production à La Réunion et de fermer l’usine à la fin du premier semestre 2014 au plus tard". Cela a été dit, la production serait transférée vers d’autres usines du groupe, à savoir les usines de Compiègne et de Rillieux. 
 
La direction annonce que l’hypothèse d’investissements productifs dans la SIB a été envisagée : je peux vous assurer que les services de l’État vont vérifier ce point important. En effet, tant les salariés du groupe que les élus ou l’État ont été très surpris d’apprendre cette décision de fermeture de l’entreprise, puisque celle-ci n’avait pas rencontré de difficultés significatives. Elle n’est pas connue des services pour des retards de paiement ou des dettes fiscales. Cette décision de fermer une usine apparemment viable ne peut manquer de susciter des réactions vives des élus et des salariés, alors même que La Réunion, vous l’avez rappelé, est confrontée à un chômage important. 
 
À la brutalité de l’annonce de cette décision, dans un contexte économique dégradé, s’ajoute l’étrangeté des motifs développés par le groupe Colgate-Palmolive pour justifier l’inadaptation de l’outil industriel. Ces motifs, ce sont des contraintes structurelles propres à une petite économie insulaire, l’absence d’économies d’échelle et le manque de profondeur du marché. Comme ces contraintes ne sont pas nouvelles, l’État sera très attentif aux motivations réelles qui ont conduit à cette annonce, et nous serons mobilisés pour assurer la pérennité d’une activité industrielle sur le site et l’accompagnement des salariés."
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