La Mini-Jupe, 50 ans et pas une ride

société
mini-jupe 50 ans
©Annecy Panon
Devenue un basique des garde-robes, la mini-jupe représentait à l’époque une révolution vestimentaire et sociétale. Comment est-elle perçue 50 ans après ?
Vue comme un scandale au moment de son apparition, dans les années 60, la mini-jupe s’est vite imposée. Depuis, c’est un accessoire indispensable à toute garde-robe qui se respecte. Âgées d’une vingtaine d’années, Rachel et ses trois amies n’ont pas connu les agitations que suscitait ce vêtement à l’époque. Pour elles, la mini-jupe : « c’est pratique surtout en été, lorsqu’il fait chaud ». Si elles n’ont pas toujours l’approbation de leur copain, elles savent comment faire pour ne pas provoquer de grosse dispute.
« Il faut savoir être charmante et correcte lorsqu’on la porte. Mettre un top couvert et privilégier des chaussures plates », recommande Rachel. Ces jeunes filles s’accordent à dire que : « trop moulante ou au ras des fesses c’est provoquant ».

Une libération du corps 
 
En raccourcissant leurs vêtements, les femmes s’émancipaient et assumaient de montrer leurs jambes (surtout leur genou). A l'époque, cette mini-jupe été considéré comme indécente. Elle permettait de dévoiler des morceaux de chairs interdits. Depuis, ce bout de tissu est le synonyme de cette période sulfureuse. Aujourd’hui encore, ce vêtement symbolise la liberté. « C’est sexy quand c’est bien porté. Mais je pense qu’on ne porte pas la mini-jupe innocemment. On peut être classe mais avec l’intention de séduire », s’amuse Marie-Line, 39 ans. La jeune femme déplore néanmoins la réaction de certains hommes : « Ils pensent automatiquement que c’est pour provoquer et que celles qui porte la mini veulent dégager une image de femme facile. Il faudrait qu’ils changent de mentalité ». 

La fin des mini-jupes ? 

Dans les années 70, la mini-jupe a bien failli passer de mode. Avec le mouvement hippie, les cheveux comme les jupes se rallongent. Mais la mini-jupe a finalement mieux résisté que le pantalon patte d’éléphant. Ce n’est pas Maëva, vendeuse de prêt-à-porter à Saint-Denis, qui dira le contraire. « Je ne vendais que des minis quand j’ai ouvert ma boutique en 2004. Aujourd’hui, la demande est en baisse, mais quoi qu’il en soit, le court reste un phénomène de mode ».  

Certes, la mini s’est imposée, mais parfois elle dérange encore.  En 2012, la députée Cécile Duflot se faisait huer par les parlementaires alors qu’elle intervenait en robe à l’Assemblée Nationale.  À l’heure où la mini-jupe fête ses 50 ans, il semble que le sexisme ait encore de beaux jours devant lui.