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Trail de Bourbon : Philippe Croizon emmène avec lui 20 enfants réunionnais

archives d'outre-mer
Philippe Croizon à Mafate
©Laurent Figon
Le Grand Raid ne se limite pas à la Diagonales des Fous. Le Trail de Bourbon et La Mascareigne viennent compléter les possibilités offertes aux trailers. Au départ en 2014, Philippe Croizon, emmène avec lui une vingtaine d’enfants réunionnais à mobilité réduite.
L’homme défraye la chronique en permanence. Amputé des bras et des jambes en 1994 après avoir été électrocuté en touchant une ligne à haute tension de 20 000 volts avec une antenne de télévision, il décide sur son lit de douleur de traverser la Manche à la nage.

16 ans vont s’écouler entre cette décision et la réalisation de ce rêve impossible. En 2010 pourtant, Philippe Croizon se met à l’eau équipé d’une combinaison sur mesure et d’une palme en carbone pour réaliser ce pari fou.
Fort de ce succès, il relie à la nage les cinq continents en traversant les détroits.

Interrogé sur sa motivation profonde, Philippe Croizon explique au journaliste de Paris-Normandie : « Je fais ça surtout pour moi mais aussi pour établir un exemple. Je veux montrer aux gens qui souffrent que c'est faisable, que tu dois toujours te battre ». Des exploits qui lui ont valu un film et de multiples récompenses à travers le monde.
 
20 enfants handicapés dans le Trail
 
Pour ce Trail de Bourbon, l’aventurier emmène avec lui une vingtaine d’enfants réunionnais handicapés. Comme lui, ils seront installés dans des « Joëlettes ». Ces fauteuils disposent d’une seule roue et de deux brancards à l’avant et à l’arrière. Quand le terrain et « carrossable «  les accompagnateurs peuvent poser la chaise sur le sol pour qu’elle roule. En revanche, si le chemin est escarpé, l’attelage est portable. 20 à 30 personnes sont nécessaires pour aider Philippe Croizon et les marmailles à réaliser leur rêve. Le concepteur de ce projet confiait à l’AFP avant son départ pour La Réunion : « Le maître mot est entraide, entre valides et invalides ».

Attention, il ne faut pas croire qu’être aidé par des « porteurs » ne nécessite pas d’efforts de la part des handicapés. Ils doivent se « gainer » tout au long des 93 kilomètres pour ne pas souffrir et subir les chocs. Une situation inhabituelle qui leur a demandé de se préparer physiquement.
 
Les handicapés sont des sportifs
 
« Mon engagement, mon exemple n’ont de valeur que s’ils redonnent espoir et volonté à toutes celles et ceux qui, de par leur diminution physique, se sentent marginalisés dans une société qui ne leur fait pas de cadeau », assure Philippe Croizon.
Comment ne pas donner du crédit aux propos d’un homme qui a vu la mort de si près.

Aujourd’hui âgé de 48 ans, l’homme se lance vers de nouveaux défis. Sportif reconnu, il parcourt la France, l’Europe et le Monde pour donner des conférences sur le handicap et sur la volonté dont il faut faire preuve pour sortir de ce statut.

Chroniqueur à la radio ou à la télévision, il tente de faire comprendre à la société que le dépassement de soi ne se limite pas aux personnes valides. Il tente de démocratiser le regard de la société sur l’handisport afin que les performances sportives des athlètes soient appréciées à leur juste valeur.
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