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Le MMA a-t-il sa place à l'école ?

Alors que la ministre Najat Vallaud-Belkacem a présenté ses mesures pour renforcer l'adhésion des élèves aux valeurs républicaines, certains enseignants en France se demandent quelle place donner au MMA à l’école ? Rencontre avec Cédric Certenais, professeur d’EPS et Pdt de l'IOFC.

© IOFC
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  • Réunion 1ère
  • Publié le
Quelle place occupe le MMA aujourd'hui  à la Réunion ?

La genèse  du MMA sur l’île de la Réunion est intimement liée à la communauté des enseignants.
Ces professeurs sont aussi pour la plupart des BEES dans des disciplines de combats plus traditionnelles comme le judo, le sambo, la boxe et le karaté. Leur légitimité est donc très forte.
 
Le MMA a-t-il un intérêt pour l’école ?
 
La demande est forte dans les cours de récréation. La pression aujourd’hui est importante au sein de certains établissements pour mettre en place des AS MMA le mercredi après-midi. Dans un futur proche, l'école pourra difficilement faire l’économie d’intégrer à son arsenal pédagogique cette discipline sportive. N’oublions pas que son essor est sans précédent dans l’histoire des sports modernes. Le MMA est devenu en l’espace d’une décennie une pratique sociale de référence au plan international. 
 
Pourquoi ces élèves sont-ils demandeurs ?
 
C’est la seule discipline martiale qui leur propose aujourd’hui une pratique hybride avec un travail à distance, au corps à corps et au sol. Un autre facteur important à ne pas négliger dans notre société du zapping est le rôle joué par internet. Nos élèves sont abreuvés d’images toujours plus violentes et spectaculaires. L’EPS a un rôle d'éducation à jouer et doit leur appeler le danger de certaines positions anatomiques pour leur intégrité physique.
 
A l'heure ou certains s'interrogent sur les dangers de la toile pour nos enfants, l’EPS doit pallier certaines carences éducatives et aborder en classe des contenus sécurisants pour la pratique des sports de combats modernes (MMA, JJB, etc..). Les accidents avec des apprentis catcheurs et autres sont souvent la résultante d’une pratique sauvage et donc d’un manque d’information et d'initiation. 
 
Quels sont les freins ?
 
Le MMA doit faire sa révolution pédagogique. Dans le jargon EPS, on appelle cela “ la transposition didactique “.
Cela consiste à transformer la pratique sociale de référence, celle que nos élèves  regardent à la télé qui les fédère, en une pratique  éducative, sécurisée et prompte à répondre au finalité de l'école. En définitive, c'est l’intérêt éducatif et l’aspect pratique de son enseignement qui lui confèrent sa légitimité scolaire.
 
Y-a-t-il des obstacles ?

La route est longue. On le voit aujourd'hui, le frein à l’expansion du MMA en France est politique et résulte du lobbying de certaines grosses fédérations. C’est une simple logique comptable. Le souci de l’école et de ses enseignants est autre et semble-t-il plus noble. C’est l’intérêt pédagogique qui prime sur les décisions.
Le point positif est que la communauté des enseignants d’EPS est toujours prompte à l’innovation, surtout si elle résulte d’un élan du monde associative. Ce qui est aujourd'hui le cas en France.
 
Quelle est la situation pour vous sur le terrain ?
 
Les choses progressent. Il existe aujourd’hui un règlement du MMA scolaire, fruit de nombreux échanges entre collègues. Je participe à un groupe de réflexion sur l’EPS adaptée avec l’Inspection Académique, afin de coller au plus près des exigences de l’institution scolaire. Il est indispensable de tâtonner et valider, étape par étape, chaque procédé pédagogique avec sa hiérarchie. La réussite scolaire, sociale, civique et intellectuelle de nos élèves reste notre moteur au quotidien dans les établissements scolaires. 
Cédric Certenais (à gauche) lors de la présentation de de l'IOFC 2 en juin 2013 © Réunion 1ère
© Réunion 1ère Cédric Certenais (à gauche) lors de la présentation de de l'IOFC 2 en juin 2013

 


Ancien compétiteur en Sambo, Cédric Certenais est monté sur la troisième marche du podium au Championnat du Monde en 2009 et la deuxième marche au Championnat d'Europe.

Depuis 2013, il oeuvre pour le développement et la reconnaissance du MMA dans l'océan indien par le biais de l'IOFC, l'Indian Ocean Fighting Championship. Il organise à La Réunion des galas de MMA. Le prochain rendez-vous, l'IOFC5,  est prévu le samedi 28 février au 28ème km à la Plaine des Cafres.

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