Assises : la meurtrière à la sagaie malgache condamnée à 15 ans en appel

justice
Assises
©Réunion 1ère
Marie Ochine, 30 ans, a été reconnue coupable du meurtre de Joseph Sauban. Lors de son premier procès l’accusée, épouse de la victime, avait été condamnée à 15 ans de réclusion criminelle, une peine identique en appel.
Le rapport du médecin légiste fait froid dans le dos. Joseph Sauban, 69 ans, a été massacré. L’ancien professeur de mathématique retrouvé mort dans son appartement de la rue Sainte-Marie à Saint-Denis, le 23 Janvier 2011, était méconnaissable. Certes, la décomposition du corps était largement entamée, mais l’examen post mortem révèle qu’il a été frappé à quatorze reprises au visage, autant de fois au niveau du buste, sans oublier la pointe d’une sagaie malgache retrouvée dans son poumon droit.
 
Pour l’expert psychiatre, cet acharnement sur le visage résulte de la volonté du meurtrier de nier l’identité de sa victime et lui retirer son côté humain.
Les 28 coups de marteau correspondent également au portrait de la meurtrière présumée. Les inspecteurs de police ont ressorti une plainte de la victime. Le septuagénaire était venu au commissariat de Saint-Denis pour alerter les forces de l’ordre sur les sautes d’humeurs violentes de sa compagne. Un soir, Joseph Sauban avait échappé à la fureur de Marie Ochine en s’enfermant dans la salle de bain. L’accusée avait tenté de casser la porte à grand coups de marteau…
 
Les écrits du défunt, évoqué lors de second procès d’assises, révèlent la personnalité trouble de sa femme. L’homme raconte sa peine de ne plus voir leur fille, la différence d’âge, les sorties nocturnes, sa vie dissolue, l’évocation des nombreux amants sont autant de points noirs sur lesquels s’appuient l’accusation.
La défense rappelle aux jurés que Marie Ochine a toujours nié être impliquée dans cette tragédie. Certes, la prévenue n’a pas une vie rangée de secrétaire et n’était pas mariée à un trentenaire, mais la différence d’âge et sa jeunesse ne suffisent pas à faire d’elle une meurtrière.
 
En première instance, les jurés n’avaient pas cru à sa ligne de défense et avaient condamné Marie Ochine à 15 ans de réclusion criminelle. Ce mardi 31 Mars 2015, la peine a été confirmée malgré les cries de fureur de l'accusée à l'énoncé du jugement.

Le reportage de Hakim Ali Said et Philippe Hoarau



Intervenants :
YANNICK MARDENALOM : Avocat de MARIE OCHINE
Me FABRICE SAUBERT : Avocat de la fille du couple