Ce qu’il faut retenir du Grand Débat des Régionales sur Réunion La 1ère

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Durant plus de deux heures, les onze candidats aux élections Régionales ont participé au "Grand Débat" de Réunion La 1ère.
Durant plus de deux heures, les onze candidats aux élections Régionales ont participé au "Grand Débat" de Réunion La 1ère. ©Imaz Press

Durant plus de deux heures, les onze candidats aux élections Régionales ont participé au "Grand Débat" de Réunion La 1ère. Les sujets des transports, du pouvoir d’achat, ou encore de la gouvernance ont été abordés.

C’est le premier Grand Débat de ces élections Régionales. Il a eu lieu, jeudi 10 juin, sur Réunion La 1ère radio, télé et internet, en direct depuis la Cité des Arts, à Saint-Denis.

Pas de vif échange

Réviser l’octroi de mer, renforcer le plan pop, la gratuité des cars jaunes, et même des trains à hydrogènes : les propositions ont fusé hier soir. Les onze candidats ont notamment insisté sur l’éthique, plus de transparence à la Région, moins de cumul des mandats et des rémunérations.

Durant plus de deux heures, les onze candidats à la présidence du Conseil Régional se sont exprimés sur plusieurs thèmes : les transports, la Nouvelle Route du Littoral, l’emploi, la formation ou encore la gouvernance. Gardant leur sang-froid et leur calme, les candidats ne sont pas entrés dans de vifs échanges. Chacun s’est attelé à exprimer ses idées et ses projets.

Ce jeudi 10 juin, à 19h45, suivez "Le Grand Débat" entre les onze candidats aux Régionales sur Réunion La 1ère, radio, télé et internet.
Les onze candidats aux Régionales. ©Réunion La 1ère

 

Sur les transports et la NRL

Il a été question des transports, et notamment du chantier de la Nouvelle Route du Littoral. Véritable coût des travaux, procédure judiciaire en cascade, le chantier de la Nouvelle route du Littoral a cristallisé le ressentiment de nombreux candidats

Le président sortant, Didier Robert a dû défendre le projet emblématique de ses deux mandats.  Selon lui, "le chantier de la NRL est instrumentalisé". Le président sortant assure que "80 % du linéaire entre la Grande Chaloupe et Saint-Denis sera livré d'ici la fin de l'année et que le plan andains est largement suffisant".

Faux rétorque Olivier Hoarau, maire du Port, qui dénonce "les mensonges de Didier Robert". Il affirme qu’aucun appel d’offre n’a été lancé. Plus prudente, Huguette Bello, estime qu’il faut mieux connaître le dossier et les audits, même si "la NRL doit être terminée sans carrière supplémentaire". Ericka Bareigt veut aussi un audit.

Pour Jean-Pierre Marchau, le candidat écologiste, sans usine et sans la barge "Zourit, "impossible de faire un viaduc". Il propose une étude avec une ingénierie indépendante des grands groupes qui ont construit la route.

Ce sujet de la NRL fait bondir le candidat de Lutte Ouvrière, Jean-Yves Payet : "le prix d’une tonne de roche dépasse celui d’une tonne de canne". Pour Philippe Cadet, la NRL a "ridiculisé" La Réunion. Il estime que les "andains ont en a besoin pour les logements".

Joseph Rivière souhaite lui un tout viaduc pour terminer la NRL, quitte à prendre à nouveau un "Zourit" pour le chantier. Il veut aussi miser sur le télétravail pour limiter les déplacements. Tout comme Pour Vanessa Miranville, maire de La Possession, qui estime que "le meilleur déplacement est celui que l’on ne fait pas".

Patrick Lebreton lui veut "décongestionner le trafic", avec des automobilistes qui ne rouleraient pas aux mêmes heures. Enfin, Corine De Flore défend l’idée d’un train à hydrogène sur le tracé du tram-train.

Retrouvez ici l'intégralité du débat de Réunion La 1ère :

 

Sur l’économie

Le deuxième thème abordé était celui de l’économie. Pour Huguette Bello, le vrai chantier est le logement, qui peut créer jusqu’à 4 000 emplois, assure-t-elle. "L’Economie sociale et Solidaire est un secteur porteur de 5000 emplois en cinq ans avec une population vieillissante", selon la maire de Saint-Paul. Auteur du rapport sur la régionalisation de l’emploi, Patrick Lebreton défend l’emploi local, il propose un "plan alternance" et veut aussi flécher l’argent qui quitte La Réunion.

Joseph Rivière, lui, veut faire de la "fiscalité un levier pour protéger la production locale", et promet de l’emploi pour 20 000 Réunionnais.

"Il faut s’attaquer à la formation, estime Olivier Hoarau. Elle manque de dynamisme, et les entreprises manquent de personnes compétentes" dans leurs domaines.

Pour Philippe Cadet, le manque d’emploi est dangereux, il y voit un lien avec les attentats. Il veut renforcer les petites entreprises et créer un réseau bancaire réunionnais.

Pour créer de l’emploi, Jean-Pierre Marchau défend une autonomie énergétique, via le plan hydrogène. Il prône une "transition écologique, économie, décarbonnée pour de nouveaux emplois dans les filières énergies et mobilité".

Pour Didier Robert, la Région doit être "facilitateur" dans ce domaine. Il défend son programme pour donner de l’emploi à 1500 entreprises dans les 24 communes de l’île. Il veut se tourner encore vers le tourisme et l’autonomie énergétique.

Ericka Bareigts réagit alors aux propos du président sortant. "Il y a un décalage entre votre satisfaction et le ressenti des gens", lance-t-elle. Didier Robert a défendu son bilan du plan pop et de la continuité territoriale qu’il veut remettre en place entre la métropole et La Réunion.

De son côté, Vanessa Miranville déplore "un solde migratoire négatif, et une fuite des cerveaux". Jean-Yves Payet dénonce alors avec vigueur "le vol de l'argent public aux travailleurs par les actionnaires qui font 175 milliards de bénéfices". Selon lui, il ne faut pas "penser dans un cadre de mesurettes et il faut taxer les plus riches".

Sur le pouvoir d’achat

Olivier Hoarau propose la bouteille de gaz à 10 euros pour les plus démunis et les transports gratuits. Il estime qu’il faut "remettre à plat l’octroi de mer".

Pour Vanessa Miranville, "la gratuité n’existe pas", elle veut recentrer sur le revenu.

Pour Philippe Cadet, "ce sont les marges abusives qui posent problème". Selon Huguette Bello, "on ne peut pas exporter 360 millions d’euros de marchandises et en importer cinq milliards". Elle veut créer des entrepôts frigorifiques.

Jean-Pierre Marchau défend un "chèque alimentaire conventionné pour le bio pour agir sur toutes la chaîne". Ericka Bareigts veut mettre en place un "pacte régional pour la jeunesse de 1 000 euros par mois pour soulager l’éducation qui ne doit pas être un poids".

La gouvernance et l’éthique

Sur ce thème de la gouvernance et l’éthique, le ton est donné par Philippe Cadet. Sans référence explicite, il s’indigne de la mise en examen de l'un de ses adversaires, Olivier Hoarau, pour corruption dans l'affaire du Cap Sacré Cœur. Il fustige aussi le président de région sortant, condamné dans l'affaire de la SPL des musées régionaux, il y a trois semaines.

Bien que des appels aient été interjetés, la pilule a du mal à passer pour nombre de candidats, comme Huguette Bello qui dénonce "un titre ronflant de PDG directeur général". Elle rappelle qu’il y a un plafond de revenus à ne pas dépasser, alors "quand on perçoit un certains nombres d’indemnités, c’est un gifle pour ceux qui souffrent à La Réunion". Patrick Lebreton propose la suppression des postes de PDG en arrivant à La Région.

Plus de transparence pour une meilleure gouvernance c'est aussi ce que dit Didier Robert, candidat à un troisième mandat. "Entre les différentes collectivités locales, chacun fait ce qu’il veut, il faut mettre en place une harmonisation sur la question des rémunérations", dit-il.

Sur ce devoir d'exemplarité, le maire du Port, Olivier Hoarau, n’a pas répondu directement. Il est inquiété par la justice pour des soupçons de rétro commissions. Le maire du Port assure avoir toujours été droit dans ses bottes.

Ericka Bareigts via sa "charte éthique", propose de limiter le nombre de sièges que peut occuper un élu et de plafonner le montant des indemnités perçues.

Un consensus se dessine toutefois entre les onze candidats. Tous affirment cette volonté d'instaurer davantage de transparence dans la gestion de la collectivité. C’était l’une des principales revendications des gilets jaunes, en 2018. Toutefois, pour Vanessa Miranville, la racine du mal est plus profonde. "Les jeunes qui doivent construire l’avenir ne s’intéressent pas aux élections", s’inquiète-telle.

Ce débat aura-t-il intéressé les électeurs ? Quel sera le taux de participation le 20 juin prochain au premier tour de ces élections régionales ? Les candidats redoutent une abstention élevée, d'où cette injonction à la mobilisation.

Retrouvez ci-dessous les listes des onze candidats :

  • Olivier Hoarau, Liste Ansanm Alon Réyoné
  • Corinne de Flore, Liste Coopération pour le développement de La France
  • Ericka Bareigts, Liste Nouvel avenir de La Réunion
  • Didier Robert, Liste Objectif Réunion
  • Patrick Lebreton, Liste La Réunion des Territoires
  • Joseph Rivière, Liste Rassemblement national
  • Philippe Cadet, Liste Le projet réunionnais
  • Vanessa Miranville, Liste Maintenant osons 2021
  • Jean-Pierre Marchau, Liste Naturellement écologistes
  • Jean-Yves Payet, Liste Lutte Ouvrière – Faire entendre le camp des travailleurs
  • Huguette Bello, Liste conduite par Huguette Bello