Confinement et couvre-feu à La Réunion : le monde économique attend des aides de l’Etat

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Les restaurants ferment à nouveau à La Réunion.
Les restaurants ferment à nouveau à La Réunion. ©Imaz Press
Confinement et couvre-feu entrent en vigueur à La Réunion, samedi 31 juillet. Un nouveau coup dur pour le monde économique local qui demande des aides à l’Etat.

Face à la dégradation de la situation sanitaire, le préfet de La Réunion a annoncé, hier, un renforcement des mesures de restriction. A partir de samedi 31 juillet, un confinement sera mis en place de 5h à 18h, ainsi qu’un couvre-feu strict de 18h à 5h. Ces mesures seront en vigueur jusqu’au 16 août, au moins.

Fermetures des bars, restaurants et salles de sport

Le préfet de La Réunion, Jacques Billant a aussi annoncé que les bars, restaurants, salles de sport ou encore les lieux couverts d’activités sportives seront fermés jusqu’à l’application du pass sanitaire. La vente à emporter des restaurants est autorisée. Les bars et restaurants seront exceptionnellement autorisés à rester ouverts le samedi 31 juillet et le dimanche 1er août entre 5h et 18h.

Pour le président de l’UMIH, l’Union des Métiers des Industries de l’Hôtellerie, "les restaurateurs ne comprennent pas que d’autres activités fonctionnent et pas la leur". Patrick Serveau l’affirme : "il faut que nous soyons accompagnés par l’Etat avec des aides. La situation sanitaire est grave, personne ne peut le nier. Nous en tenons compte, mais nous ne devons pas en payer le prix".

Regardez son interview ci-dessous sur Réunion La 1ère :

Renforcement des mesures itw Patrick Serveaux, président de l’UMIH

 

Fermeture des magasins à 18h

Par ailleurs, les établissements recevant du public, où il est possible de porter le masque et répondant à des jauges, continueront de fonctionner. Ils pourront accueillir de la clientèle jusqu'à 18h. Seuls les commerces vendant des biens et services de première nécessité peuvent rester ouverts. Les stations-services peuvent poursuivre leur activité suivant les horaires habituels, exclusivement pour la vente de carburant. 

"Une catastrophe économique"

"C’est une catastrophe économique ! Pour la troisième fois, ces activités déjà en bout de souffle et presque à l’agonie, se retrouvent à l’arrêt", réagit le président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de La Réunion.

Regardez son interview ci-dessous sur Réunion La 1ère :

Invité Ibrahim Patel, président de la CCIR

 

"Nous devons être aidés"

Pour Ibrahim Patel, "ce couvre-feu à 18h sera très préjudiciable pour les commerces de proximité". "Dès 15h30, les rues se videront déjà, et la perte de chiffre d’affaire sera importante. D’autant que nous sommes avant la rentrée scolaire et les achats, donc ça aura forcément un impact sur nos entreprises", poursuit-il. Ce vendredi, dans un communiqué, les commerçants de la ville de Saint-Paul annoncent d'ores et déjà qu’ils resteront ouverts entre midi et deux.

Selon Ibrahim Patel, président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de La Réunion, "le Fonds de Solidarité doit être élargi, et doit aussi être renforcé pour les restaurateurs". "Nous devons être aidés par l’Etat", insiste-t-il.

Un courrier de l'ADMR au Premier ministre

Ce vendredi, dans un courrier adressé au Premier ministre, Jean Castex, le président de l'Association des Maires de La Réunion, Serge Hoareau, demande aussi "l'aide de l'Etat pour la sauvegarde nos entreprises, par l'octroi d'aides comme le PGE, le gel des loyers des baux commerciaux, et la prise en charge complète du chômage partiel".

"La dureté d’un confinement ajouté au caractère strict du Pass Sanitaire impose que les mesures de soutien de l’État aux entreprises de notre Département doivent pouvoir venir compenser les pertes de chiffre d’affaires dans les meilleurs délais", écrit il. "La mesure de confinement doit s’accompagner de mesures d’aides compensatoires, comme la reconduction immédiate du FSN à taux plein et aux conditions bénéfiques (20% du CA dans la limite de 10 000 €) pour les entreprises impactées dès lors qu’elles subissent une baisse de 50% du chiffre d’affaires et la prise en charge par l’État des salaires".