Continuité pédagogique, bac, Parcoursup : " faire croire que tout va bien est un leurre " pour le SAIPER

éducation
école à la maison
©pixabay
Surcharge des enseignants, surcharge des élèves, incertitude sur la tenue du baccalauréat, maintien de Parcoursup, à l’issue de la première semaine d’école à la maison, le tableau ne semble pas si réjouissant selon un syndicat enseignant SAIPER UDAS.
Après une semaine d’école à distance, le monde enseignant dresse un premier bilan de la continuité pédagogique à La Réunion. Pour le SAIPER UDAS, il est faux de faire croire à l’opinion publique qu’il est possible de pallier intégralement l’absence de cours.
 

" A la fracture scolaire ordinaire que connaît notre système éducatif, se rajoute celle liée à la gestion du Covi-19 ".


" Les personnels le savent, s’adaptent, cherchent des solutions et cela ne peut se faire en quelques jours ", écrit le bureau du SAIPER UDAS dans un communiqué envoyé ce lundi 30 mars. Il rapporte que les outils informatiques dont disposent les enseignants ne peuvent répondre à l’ensemble des besoins.
 

Difficulté à évaluer la charge de travail

Dans le meilleur des cas, les enseignants, du 1er degré notamment, transmettent les devoirs aux enfants via les "blogs école", des blogs que leur hiérarchie peut visiter, notamment pour contrôler si le travail donné aux enfants est suffisant.

Stéphane Chouckeri, du SAIPER, explique que ce contrôle peut avoir un effet incitatif sur les enseignants, surtout dans l’ambiance de mise en concurrence dans laquelle se trouvent ces enseignants. Résultats, certains élèves sont surchargés de travail.

Dans le second degré, le risque de surcharge est encore plus élevé, chaque élève ayant plusieurs professeurs et chacun de ces professeurs délivrant sa propre quantité de devoir, sans vision globale sur la charge de travail générale de l’enfant.
 

Des enseignants "perdus"

A la charge de travail s’ajoute la confusion, estime le SAIPER. Ordres et contre-ordres, les tâtonnements de la hiérarchie sont difficiles à vivre par les enseignants qui veulent " bien faire ", pour Stéphane Checkouri. Certains s’avouent " perdus ".

Confinés, en télétravail, ils doivent tout de même se rendre parfois dans les écoles pour déposer les cahiers et autres matériels qui seraient nécessaires aux enfants qui ne disposent pas d’ordinateur ou de connexion internet. Mais les enseignants ne sont pas les seuls à être perdus, certains parents aussi ne savent plus où donner de la tête assure le syndicaliste.
 

Quid du baccalauréat ?

Saiper s’interroge sur le baccalauréat : " aura-t-il lieu, n’aura-t-il pas lieu " ?

Pour le syndicat, le maintien de Parcoursup aux dates prévues est un " non-sens absolu ". Jean-Michel Blanquer, a assuré ce lundi 30 mars, que le baccalauréat aurait lieu. Il indiquera " à la fin de la semaine la formule retenue ".

D’ici là, le ministre de l’Education nationale est " entré en discussions avec l’ensemble des organisations représentatives de professeurs, de parents d’élèves et de lycéens " afin d’adapter les épreuves.

La réponse est très attendue. Aujourd’hui ni ceux qui préparent l’examen, ni ceux qui les préparent ne sont sereins, estime Stéphane Checkouri du SAIPER.
 

Parcoursup est maintenu

Si les choses devraient donc évoluer pour le baccalauréat, pas de changement en revanche pour Parcoursup. La procédure est maintenue, les élèves de Terminale devront compléter leur dossier valider leurs vœux avant le 2 avril.

Les réponses des filières doivent être données à partir du 19 mai. Pour certaines, des épreuves écrites, orales ou des entretiens de sélection sont nécessaires. Des adaptations seront cette fois faites. Ainsi les épreuves écrites sont annulées et remplacées par l’examen du dossier.

Stéphane Checkouri du SAIPER s’interroge sur cette adaptation : " Est-ce qu’une directive nationale sera prise au niveau des universités, ou de l’enseignement supérieur plus généralement " ? Les élèves qui espéraient faire remonter leurs notes pourraient être finalement pénalisés.

Les épreuves orales ou les entretiens de sélection peuvent être maintenus par les formations s’ils sont adaptés à "la situation de crise et se déroulent à distance".