Convention canne 2022 : l’union sacrée pour sauver la filière réunionnaise

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Convention canne 2022 : l’union sacrée pour sauver la filière
A quelques semaines des nouvelles discussions sur la convention canne 2022, l’ensemble des acteurs de la filière canne parlent pour une fois d’une seule voix pour réclamer le soutien de l’Etat. ©DR
La campagne sucrière est terminée et les acteurs de la filière canne s'interrogent sur l'avenir de cette culture historique et emblématique de l'ile. Ils demandent plus de soutien de la part de l'Etat avant la signature de la prochaine convention canne 2022.

A quelques semaines des nouvelles discussions sur la convention canne 2022, l’ensemble des acteurs de la filière canne parlent pour une fois d’une seule voix pour réclamer le soutien de l’Etat. Tous soulignent l’urgence de la situation, d’où l’union sacrée affichée hier, mardi 14 décembre.

A situation critique, image "historique". Planteurs et industriels ont posé côte à côte devant l’usine de Bois Rouge pour une photo sur laquelle l’on voit également les responsables du CPCS, le Comité paritaire interprofessionnel de la Canne et du sucre.

Convention canne 2022 : l'union sacrée pour sauver la filière

Une enveloppe de 35 millions d'euros réclamée

Quelles sont leurs revendications ? Ils réclament 35 millions d’euros supplémentaires pour l’année prochaine, soit  20 millions pour soutenir les planteurs et relancer la productivité agricole et 15 millions pour permettre aux industriels de continuer à accéder au marché européen et ainsi assurer le maintien des sucreries.

Sans cette manne financière, les acteurs de la filière canne-sucre prévoient une nouvelle année noire. Guillaume Sellier, le président du Syndicat des jeunes agriculteurs parle d’un "bilan catastrophique" avec 1,55 million de tonnes de cannes récoltées.

Philippe Labro, président du syndicat du sucre de La Réunion

Une année 2021 très compliquée

Le syndicaliste déplore également une année 2021 marquée aussi par une faible richesse de la canne en sucre et par une sécheresse persistante. D’ailleurs, certains planteurs craignent déjà de ne pas pouvoir payer leurs factures d’eau, faute de trésorerie.

Mais les menaces sont en fait plus nombreuses avec par exemple la fin des quotas sucriers ou encore l’ouverture du marché aux pays non européens. Philippe Labro, le président du Syndicat du sucre de La Réunion expose ainsi la situation : "Nos sucres sont petit à petit exclus du marché européen et de l’autre côté le tonnage baisse. Tout cela est dû aux décisions prises par la commission européenne avec l’aval de la France".

Une motion adressée à Paris

"Ces décisions sont peut-être bonnes pour la grande Europe mais elles ont des effets collatéraux catastrophiques pour les petits territoires insulaires comme le nôtre", défend Philippe Labro qui demande ainsi à ce que l’Etat français "prenne ses responsabilités et compense l’impact des mesures qu’il a contribué à prendre".

Les professionnels de la canne ont unanimement adopté une motion qui a été adressée au Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation le 10 décembre. La filière canne représente aujourd’hui 2 600 planteurs et 18 000 emplois directs et indirects.