Coronavirus : ce qu'il faut retenir du plan réunionnais de déconfinement [SYNTHESE]

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Coronavirus : le point sur la stratégie locale de déconfinement
©Réunion la 1ère
A trois jours du déconfinement, confirmé pour La Réunion et au lendemain de l’allocution du Premier ministre, le préfet, la directrice de l’ARS et le recteur ont précisé la stratégie locale de cette levée de confinement. 
 
Hier, 7 mai, son allocution était très attendue. Le Premier ministre a dévoilé les derniers détails du plan de sortie du confinement qui sera appliqué à partir du lundi 11 mai. Un plan de déconfinement qui sera effectif dans les départements classés "vert", c'est le cas de La Réunion.

Une levée du confinement qui sera progressive. C’est aux préfets et aux élus de l’adapter à leur territoire. 

Au lendemain de la prise de parole d'Edouard Philippe et à trois jours de la date de sortie du confinement, le préfet de La Réunion, Jacques Billant a dévoilé la déclinaison locale du déconfinement. Accompagné de la directrice de l’ARS, Martine Ladoucette, et le recteur de l’académie, Vêlayoudom Marimoutou, le préfet a ainsi précisé les nouvelles régles qui régiront nos vies à partir de lundi. 

Retrouvez le point presse de la préfecture, de l’ARS et du rectorat :
 Après " 20 heures concertation menées comme un marathon ces derniers jours ", le préfet de La Réunion a présenté cet après-midi, le plan local de déconfinement.Une stratégie réunionnaise qui sera appliquée à partir du 11 mai et jusqu'au 2 juin.

Le préfet insisite "lundi sera l'entrée dans un nouveau vivre-ensemble. Un vivre-ensemble sous contrôle, corseté de règles, avec un peu plus de liberté mais encore des contraintes”. 
Et ce n’est pas parce que le risque sanitaire à l’aéroport est maîtrisé que le risque n’existe pas, rappelle-t-il. "Le virus circule peu, mais il est là".
Il rappelle également qu'il n'y aura “pas de confinement obligatoire pour les personnes vulnérables”, mais elles doivent rester très prudentes.  
 

Les nouvelles règles du vivre-ensemble 


Les Réunionnais retrouveront quelques libertés à partir de lundi, mais le préfet prévient " faisons le prudemment et progressivement ". Il a ainsi détaillé les nouvelles règles qui régiront notre quotidien.

- Les espaces naturels et sentiers rouvriront au public à la randonnée comme à la course, dès le 11 mai. La chasse sera possible ainsi que la pêche en eau douce. 

- Les musées, bibliothèques et médiathèques pourront également ouvrir.

- Plages ouvertes à la pratique sportive, à la balade, à la baignade, aux sports nautiques et à la pêche de loisirs. En revanche, il ne sera pas possible de s'installer stationner sur les plages. Cette première ouverture qui pourra être élargie, sous réserve de la présentation d'un protocole sanitaire permettant de  “maîtriser les risques d’attroupement et de promiscuité”. "J'ai pris bonne note de la volonté des maires de Saint-Paul, Saint-Pierre et Saint-Leu de travailler ensemble, rapidement sur ce point ". 

- Autorisation des pique-nique traditionnels dans la limite de 10 personnes et où la distanciation peut être respectée. En revanche, cela ne sera interdit, dans les lieux très prisés le dimanche, tels que l'Hermitage ou encore Grande Anse où la promiscuité peut être trop importante.

- Les parcs et jardins pourront être rouverts progressivement par les collectivités.

- Toutes les pratiques sportives individuelles à l’extérieur pourront reprendre comme le vélo, jogging, tennis, golf, fitness. Mais comme prévu, cela ne sera pas le cas pour les sports collectifs. Piscines et salles de sport resteront fermées. Plongée, escalade, canyoning, parapente et spéléologie intègreront une "période tampon", d'une à deux semaines afin de définir avec les gestionnaires, les protocoles sanitaires de reprise.

Les lieux de cultes seront ouverts dans la limite de 10 personnes accueillies. Afin d'éviter tout regroupement excessif devant les lieux de culte, le préfet insiste, les cérémonies, mariages, baptêmes ou bar mitsvah, de même que les processions et enseignements religieux tels que le catéchisme ou la medresa restent interdites jusqu'au 2 juin. 
Seules les funérailles, dans la limite de 20 personnes seront autorisées. Les cérémonies funéraires tamoules sur les plages pourront aussi se faire dans la limite de 20 personnes et après avoir été déclarées en mairie. 
Les cimetières resteront ouverts mais dans le respect des gestes barrière. 
 

Une reprise "responsable" de la vie économique


Cette reprise de l'activité économique est une "impérieuse nécessité". Pour qu'elle soit réussisse, elle doit être réalisée de manière "responsable,organisée et progressive". Le préfet le rappelle “c’est la santé de tous qui doit être notre fil rouge”.

Sur les lieux de travail, les employeurs doivent mettre en place en fonction des moyens dont ils disposent, tous les outils de prévention permettant la reprise de leur activité en sécurité pour les salariés et les clients. Pour cela, ils pourront bénéficier de l’accompagnement des services de la préfecture et des chambres consulaires. 60 fiches métiers sont en préparation pour leur communiquer les règles de sécurité à respecter.

- Les magasins pourront dès lundi, fonctionner selon leurs horaires d’avant le confinement. Les horaires pourront être élargis après accord avec les représentants du personnel "pour étaler la venue des clients et éviter la concentration des personnes". 

- Les marchés forains ne seront plus restreints par le nombre de personnes. Et ils pourront vendre autre chose que de l’alimentaire, dans un cadre sécurisé, sous le contrôle des maires.  “Je serai avec les services de contrôles particulièrement attentif au respect des mesures barrière comme aux prix pratiqués” ajoute le préfet. Il fraudra continuer à faire respecter la distanciation sociale sur ces marchés. 

“Il faudra continuer à faire ses courses seul”, sauf pour les familles monoparentales précise-t-il. Un minimum de 4m² par personne devra être respecté dans les commerces. Il faudra dans les centres commerciaux, "imaginer des flux de circulation pour éviter les potentiels regroupements".

Les bars, restaurants, cinéma et salles de spectacle ne reprendront pas ce lundi.L Mais le préfet a pris sans délai le travail du protocole de reprise avec l’UMIH. Avec pour objectif une reprise, le 2 juin, notamment pour le secteur touristique. 

- A partir du 2 juin, les hôtels pourront rouvrir mais uniquement en room service. Pour les gîtes, il n'y aura aucune limite pour la réouverture des bungalows et chambres individuelles. En revanche, les dortoir devront être réservés que pour un seul groupe, ne dépassant pas les 10 personnes. 

En assurant une "reprise graduée", le préfet espère ainsi "déconfiner de manière plus importante La Réunion à partir du mois de juin”
Jacques Billant a ensuite rappelé les dispositifs mis en place pour venir en aide à l'économie du pays. "D’autres suivront” pour le tourisme ou encore pour la culture. Des adaptations sont annoncées comme la possibilité désormais de faire bénéficier du second volet du fonds de solidarité aux entreprises sans salarié. Et puis, l'annulation des charges patronnales des mois de mars, avril et mai pour les entreprises contraintes à la fermeture poursuit le préfet.
 

Une reprise progressive des services publics 


Les services publics “remonteront progressivement en puissance” dès le 11 mai. Mais, à noter que l'accueil physique du public dans les services de la préfecture, à la CAF ou dans les agences Pôle emploi reprendront le 18 mai, uniquement sur rendez-vous. 

- Les examens du permis voiture et du permis bateau pourront aussi reprendre. 

- Le préfet invite les usagers à solliciter les services publics par téléphone et par mail en priorité. S'ils se déplacent, qu'ils se munissent d'un masque. 

- Dans les transports en commun, le masque sera obligatoire pour les personnes de plus de 11 ans. L'offre des différents réseaux transports va augmenter pour revenir à son niveau normal progressivement. Mais, le préfet demande que à que ces transports soient réserver en priorité aux travailleurs, surtout aux heures d'affluence. Les autocars et bus ne pourront circuer qu'avec un nombre restreint de passagers. 

- Il demande d'ailleurs aux employeurs publics et privés de maintenir le plus de personnes possible en télétravail ou de permettre des aménagements d'horaires.

- Dès lundi, policiers et gendarmes seront aux côtés des agents des transports publics pour contrôler les règles de distanciation et de port du masque. Le non-respect de ces obligations sera puni de 135 euros. 

- Le masque sera obligatoire également à l’aéroport. L’aérogare restera fermé aux visiteurs et aux proches, excpeté pour l'accompagnement d'un mineur, une personne handicapée ou âgée. 
 

Un million de masques pour les personnes les plus vulnérables


Le préfet a également tenu à s'exprimer sur les masques. Des masques qui seront complétés par le respect des gestes barrières.
La certification des masques grands publics a aussi été abordée. "Ils peuvent être certifiés pour leur niveau de filtration, pour la résistance au lavage de leur tissu. Cette qualité se retrouve notamment à travers une cocarde tricolore ou encore le logo d'un bonhomme masqué". Le préfet poursuit en précisant que ces masques peuvent aussi "être produits selon la certification AFNOR et être vendus par des couturiers qui ont appliqué les cahiers de charges". Ils pourront notamment être vendus par les grandes surfaces et les pharmacies. Mais leur prix n'est pas régulé. Jacques Billant s'engage d'ailleurs à l'intégrer dans l’Observatoire des prix. 

Et c'est "plus d’un million de masques, certains jetables et d'autres en tissus qui seront acheminés d'ici à lundi afin de pouvoir commencer les distributions ". Une distribution qui se fera avec l'aide des CCAS et du conseil départemental. " Dès lundi, ces masques seront distribués aux sans-abris, aux  bénéficiaires de l’aide alimentaire, aux personnes en situation de handicap ou encore les personnes hébergées dans des structures sociales".

" Progressivité, solidarité, résilience économique " font partie de cette stratégie locale qui sera mise en oeuvre à partir de ce lundi 11 mai.