Coronavirus : les évacuations sanitaires en réanimation de Mayotte vers La Réunion ont commencé

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Le site Nord du CHU de La Réunion.
Le site Nord du CHU de La Réunion. ©Imaz Press

Le transfert de deux malades en réanimation depuis Mayotte vers La Réunion a été réalisé hier, jeudi. d'autres le seront prochainement. Face à l'explosion de l'épidémie de Covid à Mayotte, le CHU de La Réunion s'organise. Des lits suplémentaires seront bientôt déployés.

A Mayotte, l’épidémie de Covid-19 explose. Confinée à partir de ce vendredi 5 février à 18h pour au moins 3 semaines, la population doit faire face à une progression extrêmement rapide du virus et de ses variants.

Reconfinement à Mayotte ce vendredi à 18h

Les autorités ont donc pris des mesures, le préfet de Mayotte a annoncé le reconfinement hier soir en direct dans le journal de Mayotte la 1ère. Les écoles, collèges et lycées seront fermés, ainsi que les commerces, restaurants et bars, excepté pour la vente à emporter ou livraison.

Selon les communes le taux d’incidence atteint parfois 800 à 900 cas pour 100 000 habitants, explique ce vendredi Misbahoudine Bacar, journaliste de Mayotte la 1ère. Le taux d’incidence du département est lui de 440,8 cas pour 100 000 habitants.

Des patients mahorais évacués vers La Réunion

Le Centre hospitalier de Mayotte doit faire face à un nombre de passages aux Urgences nettement plus élevé que lors de la première vague. Sur place, le chef des Urgences évoque un " mur épidémique " et indique : " on va devoir évacuer des malades vers La Réunion ".

Des évacuations sanitaires, ou Evsan, qui ont commencé. Ce vendredi midi, le directeur du CHU de La Réunion, Lionel Calenge confirme que les transferts de malades en réanimation de l’hôpital de Mayotte vers le CHU de La Réunion ont démarré hier, jeudi, avec 2 malades.

D’autres patients sont attendus dans les jours qui arrivent. Un accueil en complémentarité avec le service des Armées qui doit déployer dans les prochains jours des lits de réanimation à Mayotte.

Une procédure " sécurisée et maîtrisée "

Les Evasan sont courantes entre ces deux territoires, entre 80 et 100 Evasan sont réalisées chaque mois pour des spécialités qui n’existent pas à Mayotte. Avec la crise sanitaire du Covid, leur nombre augmente. Depuis quelques semaines, seules les urgences sont acceptées.

Ce type d’évacuations est " totalement sécurisé ", assure ce vendredi midi le directeur général du CHU de La Réunion dans le Journal de Réunion la 1ère. Le transport du patient par avion est sécurisé, il est ensuite transféré depuis l’aéroport dans une ambulance, aucun contact avec la population réunionnaise n’est donc possible, selon Lionel Calenge. Les patients retournent à Mayotte dès qu’ils sont guéris.

Directeur général CHU Réunion : Lionel Calange ©Réunion la 1ère

Jusqu’à 76 lits de réanimation à La Réunion

Bien que le niveau d’occupation important du CHU de La Réunion en ce moment, " il est hors de question qu’il y est la moindre perte de chance pour les patients réunionnais " assure-t-il. Le CHU de La Réunion est en capacité d’augmenter le nombre de lits de réanimation sans déprogrammer l’activité opératoire.

Actuellement, le CHU dispose de 62 lits de réanimation installés, 8 lits supplémentaires seront déployés dans les jours qui arrivent. Le CHU de La Réunion peut augmenter sa capacité à 76 lits de réanimation, avec du personnel déjà formé, sans que cela n’entraîne de déprogrammation les prise en charge au bloc opératoire, précise le directeur général.

Le personnel médical en première ligne

Si le personnel hospitalier de La Réunion est formé et prêt, le secrétaire départemental de FO Santé met en garde les autorités sanitaires pour que soit anticipé l’approche du seuil critique à La Réunion et la bascule que cela pourrait entraîner. David Belda souligne que dans le département, " on aura pas de train pour partir en Evasan vers la métropole ".

La multiplication des variants inquiétude pour les personnels hospitaliers, éprouvés par les derniers mois. David Belda, le secrétaire départemental de FO Santé, prône ainsi une gestion commune de cette crise entre Mayotte et La Réunion.