Coronavirus : un couvre-feu à 18h sur toute La Réunion, dès ce vendredi 5 mars

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Le préfet Jacques BILLANT
Le préfet Jacques BILLANT ©Laurent Figon

La situation sanitaire ne s'améliore pas et reste fragile. Si le taux d'incidence de l'île reste autour de 100 cas pour 100 000 habitants, il est beaucoup plus inquiétant pour sept communes. Résultat, le préfet avance le couvre-feu à 18h dès ce vendredi 5 mars et pour au moins quinze jours.

La situation sanitaire de La Réunion demeure fragile avec notamment l'apparition du variant sud-africain. Un variant "prédominant qui représente aujourd'hui près de 60% des nouveaux cas" précise Jacques Billant. Et les prévisions des spécialistes ne sont pas au beau fixe. Les analyses effectuées au plan national sur l’évolution épidémique dans les prochaines semaines prévoient une hausse du nombre de cas et donc du nombre des personnes hospitalisées.

Pas d'amélioration sanitaire

Sur les sept derniers jours, 884  nouveaux cas ont été recensés dans le département. Le taux d'incidence s'élève aujourd'hui, à 104 cas pour 100 000 habitants. Toutefois, l'indice est plus préoccupant dans 7 communes de l'île, il oscille entre 110 et 150 cas pour 100 000 habitants. "Des communes qui représentent plus de la moitié de la population réunionnaise" explique Martine Ladoucette. Parmi elles, on retrouve notamment les villes de Saint-Denis, Saint-Pierre, Etang-Salé et Saint-Benoît.

Dans le même temps, la présence du variant sud-africain inquiète. On observe un indice de reproductibilité supérieur à 1, étroitement lié à la présence de ce variant. En clair, "une personne contaminée à La Réunion peut en contaminer au moins une de plus et c'est ainsi que l'épidémie continue de se développer" précise la directrice de l'ARS. Autre constat, aujourd'hui, plus d'un cas contaminé sur trois a été un ancien cas contact dans les jours qui ont précédé. Une tendance nouvelle et préoccupante au vu de la contagiosité du variant sud-africain. 

Couvre-feu dès 18 heures

Une dégradation à très court terme de la situation épidémique n'est pas exlue, ainsi qu'une saturation des capacités hospitalières. Pour l'éviter, Jacques Billant  a décidé d’instaurer un couvre-feu sur toute l'île à compter du vendredi 5 mars de 18h à 5h. Les sorties et les déplacements sont interdits entre 18h et 5h sur l’ensemble du département, sauf dérogation.

L'objectif est de limiter les interactions sociales et d'éviter les brassages de population, notamment pendant la période des vacances scolaires, et à préserver le système hospitalier. "Si les mesures barrières sont respectées, la mise en oeuvre d’un second confinement peut encore être évitée à La Réunion" espère le préfet. 

Les prochaines semaines vont donc être déterminantes. "Le couvre feu doit nous permettre d'éviter le mur du confinement, le point de rupture. Nous sacrifions ainsi le mois de mars pour retrouver au plus vite des jours plus heureux et plus libres" insiste Jacques Billant. 

Je sais combien cette mesure est dure et nécessite une réorganisation du quotidien et des sacrifices 

Jacques Billant - préfet de La Réunion

 

Protocoles renforcés dans les hôtels

Par ailleurs, l'approche des vacances scolaires n'est pas pour rassurer les autorités. Martine Ladoucette l'a rappelée "les dernières vacances de novembre avaient provoqué un doublement du taux d'incidence". La vigilance est donc de mise, ce qui explique aussi ce nouveau tour de vis.

Si les restaurants peuvent maintenir une activité de livraison à domicile jusqu’à 22h, les protocoles d’accueil dans les hôtels sont renforcés :

  • le port du masque obligatoire pour les clients et le personnel
  • la mise en place d’une jauge de 8m² par personne dans les espaces communs, les lieux d’activité aquatique et sportifs
  • la prévention de la constitution des groupes de plus de 6 personnes dans l’enceinte des établissements.

Les services de restauration à table restent ouverts de 18h à 22h, uniquement pour les clients de l’hôtel et dans le respect des protocoles afférents à la restauration.

4 EVASAN vers l'Hexagone dès jeudi

Aujourd'hui, la capacité des lits de réanimation est de 122. Elle était il y a encore quelques semaines, à 71. Des lits occupés à 90% puisqu'ils répondent aux urgences absolues, les formes graves liées au COVID et aux besoins de Mayotte. 

Pour éviter la saturation du service, des évacuations sanitaires seront effectuées dès jeudi de La Réunion vers l'Hexagone. Quatre patients seront ainsi pris en charge grâce notamment à la coopération du SAMU de Paris. Ce type d'EVASAN sera effectué uniquement en cas "de besoin absolu et d'ultime recours" a insisté Martine Ladoucette.  

50 patients réunionnais sont actuellement hospitalisés. Il y en avait moins d’une trentaine, il y a huit jours. "Une proportion pourrait être transférée en réanimation, il faut s'y préparer" prévient l'ARS. 

17.800 personnes vaccinées et un élargissement du public prioritaire

A ce jour, 17 800 personnes se sont faites vaccinées dont plus de 3 500 ont déjà reçu la deuxième dose. Dès la semaine prochaine et jusqu'à la fin du mois de mars, 18 500 réunionnais pourront bénéficier du vaccin, y compris les professionnels de santé, sans critères d'âge ou de pathologie.

Mais cela sera également le cas pour une nouvelle cible de population générale plusprécisemment "toute personne âgée de 65 à 75 ans atteinte d'une pathologie considérée comme à risque de la maladie comme les diabètes ou les pathologies cardio-vacsulaires" précise la directrice de l'ARS. Dès cette semaine, 220 créneaux supplémentaires de prise de rendez-vous seront possibles par centre et par semaine. L'objectif est clair : 

On veut pouvoir faire bénéficier de la vaccination à près de la moitié de la population éligible soient 78 000 personnes

Martine Ladoucette - directrice de l'ARS Réunion

 

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