Covid-19 : ce qu'il faut savoir de la présence du variant Omicron à La Réunion

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Le docteur Patrick Mavingui, microbiologiste à l'Unité mixte de recherche processus infectieux en milieu insulaire tropical (PIMIT).
Le docteur Patrick Mavingui, microbiologiste à l'Unité mixte de recherche processus infectieux en milieu insulaire tropical (PIMIT). ©Imaz Press
Trois cas du variant Omicron, dont un autochtone, ont été identifiés à La Réunion. Ce mardi 7 décembre, le docteur Patrick Mavingui, spécialiste du séquençage, fait le point sur la présence du variant Omicron à La Réunion.

Trois cas du variant Omicron du Covid-19 sont actuellement identifiés à La Réunion. L'un d'eux est un cas autochtone déclaré au lycée Stella de Saint-Leu. Depuis quand ce variant circule dans l'île ? Quelle est sa contagiosité ? Comment l'identifier ?

Spécialiste du séquençage au CYROI, le docteur Patrick Mavingui, chercheur à l'Unité mixte de recherche Processus Infectieux en Milieu Insulaire Tropical (PIMIT) répond aux questions de Réunion La1ère.

Regardez son interview sur Réunion La 1ère :

 

Depuis quand Omicron circule à La Réunion ?

"Quand nous avons détecté les deux premiers cas du variant Omicron, il était évident que la transmission se faisait déjà. Le premier cas autochtone remonterait à la mi-novembre environ. A ce moment-là, les voyages avec l'Afrique du Sud étaient fréquents. Il est évident qu'il y avait des transmissions antérieures à la découverte du premier cas du variant Omicron.

Epidémiologiquement ça se comprend, il n'y a pas de surprise. Il n'est pas évident de tracer les premiers cas d'un variant, et le monde est toujours en retard là-dessus".

Y a-t-il d'autres cas autochtones d'Omicron à La Réunion ?

"Quand nous identifiant un nouveau variant, nous savons qu'il y a eu des cas antérieurs et c'est ce que nous découvrons à l'heure actuelle. Désormais, en très peu de jours, nous trouvons des cas autochtones de personnes qui ne se sont jamais déplacées, donc cela prouve bien la transmission antérieure.

Désormais, il faut remonter la chaîne de transmission du troisième cas autochtone pour identifier le patient zéro. Cette jeune fille détectée a été identifiée tardivement car elle avait des symptômes de dengue. Et elle-même avait été en contact avec un ami testé positif au covid, et donc possiblement au variant Omicron, c'est ce que nous sommes en train de rechercher".

Docteur Patrick Mavingui unité UMR Pimit Université de La Réunion
Le Docteur Patrick Mavingui dirige l'unité UMR Pimit de l'Université de La Réunion, dont les laboratoires sont installés dans les locaux du Cyroi ©Willy Thévenin

 

Le variant Omicron va-t-il devenir majoritaire à La Réunion ?

"Du point de vue épidémiologique, on voit qu'en Afrique du Sud, dans la zone d'émergence de ce variant Omicron, il y a eu une explosion. On peut imaginer qu'ici aussi ça explose, mais on ne sait pas si ça arrivera.

En tous cas, nous avons des armes pour l'empêcher : la protection individuelle, les masques, les gestes barrières et la vaccination. Ce variant Omicron est plus contagieux que les autres. Il se développe et se diffuse rapidement dans la population. Il serait quatre à cinq fois plus contagieux que le variant Delta".

Allez-vous rechercher davantage ce variant dans les séquençages ?

"Nous avons deux laboratoires sur l'île qui réalisent les séquençages. Nous pouvons faire 250 génomes par semaine, et nous pouvons doubler, si nécessaire. Nous continuons aussi à séquencer pour identifier d'autres éventuels variants".