Crise sociale : prolongation de l’arrêté d’interdiction de circuler, ouverture du dialogue, retour à la vie normale, le préfet fait le point.

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©Delphine Poudroux (Réunion la 1ère)
Le préfet de La Réunion s’est exprimé ce vendredi 23 novembre, en milieu de matinée, sur la situation. Amaury de Saint-Quentin a notamment annoncé la prolongation de l’interdiction de circuler dans 14 communes pour une durée de 48 heures. Retour sur son intervention.
 
Ce vendredi 23 novembre, au 7ème jour de mobilisation des gilets jaunes, le préfet de La Réunion a tenu une conférence de presse en milieu de matinée. Amaury de Saint-Quentin a ainsi fait un point sur la situation et a fait des annonces, parmi lesquelles la prolongation pour 48 heures de l’arrêté d’interdiction de circuler dans les 14 communes déjà concernées.


Reportage de Delphine Poudroux et Jean-Claude Toihir.
 

L’arrêté d’interdiction de circuler prolongé pour 48 heures


Mis en place pour permettre aux forces de l’ordre de resserrer leur action et de gagner en efficacité durant les deux dernières nuits, l’arrêté d’interdiction de circuler semble produire ses effets, estime le préfet de La Réunion.
 

" Les violences urbaines constatées ces derniers jours sont en nette décrue depuis 2 jours ", explique Amaury de Saint-Quentin. " Ma première priorité c’est d’assurer la sécurité de la population. Des mesures ont été prises pour cela ".


Ainsi, il annonce le renouvellement de l’interdiction de l’arrêté d’interdiction de circuler pour 48 heures dans les mêmes conditions, à savoir de 21h à 6h dans les 14 communes concernées.
 

Des renforts des forces de l’ordre


Amaury de Saint-Quentin a brièvement évoqué les renforts de forces de l’ordre. Il confirme que des renforts ont été demandés et accordés en nombre.
 

" Des moyens pour assurer la sécurité des Réunionnais mais aussi mettre fin aux exactions et permettre le retour à une vie normale. "


La sécurisation des axes de circulation est aussi une priorité, pour le préfet de La Réunion. Il veut ainsi lutter contre les individus qui " tentent de profiter du mouvement des gilets jaunes pour se livrer à des menaces, des intimidations et du racket sur les Réunionnais ".

Il ajoute que des sites stratégiques ont également été déterminés et sont suivis pour éviter tout blocage ferme de la part des manifestants, affirmant que la liberté de circuler est un droit.
 

L’approvisionnement des secteurs prioritaires assuré


L’approvisionnement en médicaments pour les hôpitaux, les pharmacies, en carburant pour les services de secours et l’aéroport, qui permet à l’île de recevoir des approvisionnements extérieurs dont des produits frais, est assuré.

Plusieurs bonbonnes de chlores ont également été livrées dans les communes pour permettre la potabilisation de l’eau. Pour les éleveurs et les agriculteurs, plusieurs approvisionnements ont été réalisés la nuit dernière.
 

Vers un dialogue indispensable

 

" Un travail de dialogue doit être engagé avec les manifestants, et aussi tous les acteurs qui sont porteurs d’une volonté d’apaisement et de proposition». « Un travail qui va s’étendre dans la durée et aussi dans le respect de chacun ".


Amaury de Saint-Quentin annonce qu’une audience devrait avoir lieu cet après-midi. Des délégations ont été reçues en sous-préfectures, notamment à Saint-Pierre et Saint-Paul et des contributions des gilets jaunes sont régulièrement reçues en préfecture.

Des élus, des maires et des acteurs économiques, mais aussi les organisations syndicales de salariés, ont été rencontrés. Elles doivent toutes avoir un rôle et une place dans la construction de ce dialogue, estime-t-il.
 

Pour le rétablissement des activités de la vie quotidienne


Le préfet de La Réunion annonce la tenue d’un comité de soutien de l’économie lundi 26 novembre, pour accompagner les entreprises et l’activité économique afin d’étudier notamment des mesures provisoires, mais probablement aussi des mesures d’urgence.

Il dit également préparer la réouverture des établissements scolaires en lien étroit avec le rectorat, et les maires pour les écoles.

 
La réponse judiciaire aux violences urbaines
134 interpellations ont été faites depuis samedi 17 novembre, annonce le préfet de La Réunion. Le procureur général de la cour d'appel de Saint-Denis, Denis Chausserie-Laprée, annonce qu’aux termes de " 3 jours d’activité intense sur le plan juridictionnelle ", 29 personnes ont été déférées et jugées dans le cadre de comparutions immédiates. Elles ont été condamnées, en moyenne, à 5 mois d’emprisonnement avec mandat de dépôt.

De nombreuses autres poursuites ont été engagées sous la forme de convocations par officier de police judiciaire et nombreuse procédures introduites devant le juge des enfants. 7 individus, dans le cadre de 4 procédures en comparution immédiate, vont être jugés par le tribunal correctionnel de Saint-Denis, deux personnes le seront également à Saint-Pierre.

Les services d’enquête de la gendarmerie et de la police poursuivent les investigations concernant des personnes qui ont échappées dans un premier temps aux interpellations, ajoute le procureur général de la cour d’appel de Saint-Denis.
 
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