Déménagements: l'Autorité de la concurrence sanctionne 5 entreprises de l'île

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©AGS Réunion
5 sociétés de déménagements de La Réunion devront passer à la caisse. Plus de 462 00 euros d'amende pour avoir établi des devis de complaisance pour des opérations concernant des familles de militaires au départ de La Réunion
Après de longues investigations, l’Autorité sanctionne les sociétés (AGS Réunion solidairement avec Mobilitas, A.T. Océan Indien, DEM Austral solidairement avec TTDI, Transdem et T2M) à hauteur de 462 000 € pour avoir faussé la concurrence en établissant des devis de complaisance concernant les déménagements de militaires au départ de La Réunion. Deux sociétés de déménagement (Cheung Déménagements et DLD Déménagements Transports), membres de l’entente mais en difficultés financières n’ont pas été sanctionnées.
 

Les devis de complaisance, des pratiques courantes outre-mer


Les frais de déménagement des militaires de l’armée de l’air, de terre et de la marine nationale affectés en outre-mer sont pris en charge, en tout ou partie, par l’administration. Pour bénéficier de cette prise en charge, les militaires doivent obligatoirement faire jouer la concurrence entre les entreprises de déménagements et solliciter plusieurs devis, afin que la prestation retenue soit la moins coûteuse pour l’Etat.

De février 2008 à fin août 2012, cinq sociétés se sont concertées pour solliciter, recevoir ou fournir des devis de complaisance à leurs concurrents, dans le secteur du déménagement entre La Réunion et la métropole. Ainsi, une entreprise démarchée par un militaire sollicitait un devis plus onéreux (devis de couverture) à un concurrent afin d’obtenir le marché.

Les dirigeants et salariés des entreprises concernées ont décrit ces pratiques comme étant habituelles à la Réunion. Un ancien salarié d’AGS Réunion a ainsi déclaré que « ces pratiques sont courantes à la Réunion mais aussi dans les autres DOM et là où les militaires français sont implantés ». Le responsable d’exploitation de Cheung Déménagements a précisé que « cette pratique de la demande d’un second devis au concurrent existe depuis toujours » tandis que le gérant d’A.T. Océan Indien a reconnu que son entreprise sollicitait « effectivement des devis de couverture à [des] concurrents ».

La matérialité de ces échanges a pu notamment être établie grâce aux éléments recueillis au cours des opérations de visite et saisies au siège des entreprises. Elle ressort de preuves directes, telles que la fourniture, par courriel ou par fax, de devis de complaisance, mais également de preuves indirectes, telles que des anomalies communes présentes dans les devis établis pour un même client (fautes d’orthographes identiques ou postes de coûts très proches).
 

Les sanctions prononcées par l'Autorité de la concurrence: 


AGS Réunion (solidairement avec Mobilitas): 279 000 euros d'amende

DEM Austral (solidairement avec TTDI): 159 000 euros

T2: 20 000 euros

A.T. Océan Indien: 2 000 euros

Transdem: 2 000 euros