Flambée des prix des céréales et manque de pommes de terre, la filière agricole de La Réunion est inquiète

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Production de pomme de terre
©Laurent Figon
Les agriculteurs, coopératives et la DAAF se sont réunis ce lundi 21 mars pour faire un point sur les conséquences de la guerre en Ukraine sur l’agriculture réunionnaise. La production de pommes de terre et l’approvisionnement d’engrais rencontrent déjà des difficultés.

L’alimentation du bétail à La Réunion dépend essentiellement de l’approvisionnement extérieur. Problème : le prix du blé est passé de 170 euros la tonne en 2019 à 260 euros en 2021, suite à la crise Covid. Aujourd’hui, la tonne de blé se négocie autour de 400 euros.  

Les céréales ont pris plus de 100 euros la tonne, sur le blé, le maïs. Il y a des produits dont la disponibilité devient compliquée, le tournesol notamment, qui sont des matières premières essentielles pour nous.

Pascal Quineau, président de URCOOPA et éleveur de poules pondeuses

La pomme de terre péi pourrait manquer

Autre secteur, les plantations maraîchères et vivrières, par exemple la pomme de terre cultivée localement risque de se faire rare ces prochains mois. En pleine période pour planter la pomme de terre, si les conteneurs arrivent dans un mois, ce sera trop tard, explique Alain Dambreville, président de la fédération régionale des coopératives agricoles. Il craint ainsi des achats de semences pour rien.  

Aujourd’hui, on dépend beaucoup de la métropole pour les semences et les plants. Il s’agit de mettre au point des fermes semencées à La Réunion pour avoir des variétés locales et être un peu moins dépendant de la métropole.

Alain Dambreville, président de la fédération régionale des coopératives agricoles 

Les inquiétudes des acteurs locaux portées au plus haut niveau

Réunis en urgence à l’initiative de la Chambre d’Agriculture de La Réunion, les acteurs ont pu exposer leurs craintes.  

On demande au gouvernement que notre éloignement, notre insularité, soit entendu et soit surtout justifié sur le plan d’accompagnement qui va être mis en place. Déjà que d’habitude, cet éloignement nous pénalise, là il nous pénalisera doublement avec ce conflit européen, avec la rareté des produits.

Frédéric Vienne, président de la Chambre d’Agriculture de la Réunion  

Ce jeudi, toutes ces inquiétudes seront portées au plus haut niveau du gouvernement, lors de l’assemblée permanente des chambres d’agriculture.

Regarder le reportage de Réunion la 1ère : 

Guerre en Ukraine : l'agriculture locale impactée