Indexation des primes au CHU : le dossier s’envenime

La désindexation des primes des agents hospitaliers revient sur la table. Depuis plusieurs mois, le doute plane. La question de sa suppression ou de son maintien n’a toujours pas été tranchée. Le ton monte entre syndicats et direction.
 
Après la mobilisation des organisations syndicales en mai dernier, suite à l’annonce de la suppression de l’indexation des primes des agents hospitaliers, des discussions ont bien eu lieu entre la direction du CHU de La Réunion, l’ARS OI, le ministère de la Santé et les syndicats. Fin mai, ces derniers obtiennent finalement le gel de l’indexation, les choses sont donc maintenues en l’état et les revenus des agents hospitaliers inchangés.
 

Un dossier à rebondissements

Mais au début du mois d’août, la question refait surface et le remplacement de l’indexation, jugée illégale, par une indemnité compensatoire a été évoqué lors d’une réunion interministérielle. Une éventualité rejetée par les syndicats.
 
Ce mardi 4 septembre, deux d’entre eux, la FAFPH et l’UNSA CHGM, font des révélations sur le sujet. S’ils réclament en premier lieu qu’une solution légale soit rapidement trouvée pour " compenser au plus vite le manque à gagner inéluctable des agents concernés par cette suppression ", les syndicats tiennent avant tout à pointer du doigt l’attitude du directeur général du CHU de La Réunion, Lionel Calenge.
 

Une note dissonante

La FAFPH fait ainsi part de sa " surprise " en apprenant qu’il a adressé une note au directeur adjoint de la Ministre de la santé, à la directrice générale de la DGOS et au directeur général de l’ARS OI, plusieurs mois avant que le problème ne soit rendu public. Il y propose alors, selon les deux organisations syndicales, de " jouer sur l’effet prix en désindexant certaines primes et régimes indemnitaires illégalement indexés ". Une position bien éloignée de celle qu’il disait avoir à l’égard du personnel, dont il se faisait le défenseur, explique la FFAPH.

Une telle mesure permettrait, selon Lionel Calenge, de réaliser un gain budgétaire de 3,2 millions d’euros, dont 950 000 euros sur la désindexation de la prime de service et la suppression de la majoration DOM des médecins pendant les congés bonifiés. Une proposition " juridiquement obligatoire, dit-il, portée localement et productrice d’effets économiques immédiats ", qui " concernera rapidement les autres établissements de santé du GHT Océan Indien ", à savoir le GHER, le CH Gabriel Martin et l’EPSMR.
 

Le directeur général du CHU " à la manœuvre "

La FAFPHR ne comprend pas pourquoi le directeur général du CHU suggère ainsi au ministère une mesure qu’elle estime " 5 fois plus dure que celle prévue par le Copermo ", le Comité interministériel qui a validé un plan de régulation en début d’année. Une mesure qui devra être " accompagnée politiquement par le Président du conseil de surveillance et le Président de la FHF-OI " et bénéficier du " soutien de l’ARS OI et du national ".

Mais l’organisation syndicale ne s’arrête pas là. Elle pointe également du doigt les pratiques financières et managériales du directeur général du CHU, les qualifiants de " douteuses voire indécentes ". Elle en veut pour preuve différentes décisions en matière de gestion, telles que des services de soins de pointe ou de proximité mis à mal ou qui ferment, des professionnels à bout de souffle rappelés sur leurs repos ou encore des retards de paiement des fournisseurs. Un voyage en juillet dernier de 13 jours en Inde, payé à 4 personnes, est également évoqué.
 

Une plainte pour diffamation en réponse

Face aux propos tenus ce mardi 4 septembre au matin, le directeur général du CHU de La Réunion, Lionel Calenge, a répondu par ces mots.
 

" Les tentatives de déstabilisation du syndicat FAFPH, syndicat non représentatif du personnel du CHU, sont constantes depuis sa création et n'entament en rien la détermination de la Direction à poursuivre son action de redressement du CHU. "


Il ajoute qu’une plainte pour diffamation et insulte a par ailleurs été introduite par le CHU à l'encontre de deux membres de ce syndicat, Mme Tronc et Mme Gaud.