"J’ai été négligente vis-à-vis d’elle, mais je ne l’ai pas tuée", affirme la mère d’Elianna, au deuxième jour du procès

justice
La mère d Elianna entendue au tribunal
La mère d Elianna entendue au tribunal ©Bruno Dufestin

Le deuxième jour du procès de la mère et du ti père d’Elianna se tient devant les Assises. Entendus ce mardi 4 mai, ils nient encore toute responsabilité dans la mort de la fillette. Ils encourent 20 ans de prison pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner".

Feront-ils des aveux ? Pascaline Guilgori, 28 ans, et Cédric Babas, 29 ans, sont longuement entendus par la Cour d’Assises, ce mardi 4 mai, pour leur deuxième jour de procès. La mère et le ti père d’Elianna encourent 20 ans de prison pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur mineure de moins de 15 ans par personne ayant autorité".

Depuis le drame, Pascaline Guilgori et Cédric Babas se renvoient la responsabilité de la mort de la fillette, le 28 mars 2018. La mère et le ti père d’Elianna nient les faits qui leur sont reprochés. Selon les médecins légistes entendus lundi, au premier jour du procès, Elianna est décédée des suites d’un coup violent, semblable à un coup de pied.

 

"Je n’ai pas pu protéger mon enfant"

Sa mère, Pascaline Guilgori, était la première à répondre ce matin aux questions de la cour et de la partie civile. A la barre, ses réponses, entre coupées de sanglots, montrent toute l’ambivalence de sa personnalité. Que s’est-il passé ce 28 mars 2018 ? "Ma fille faisait la sieste, je me suis absentée 15 à 20 minutes et à mon retour Cédric Babas était devant la porte de la chambre, raconte Pascaline Guilgori. Je lui ai demandé qu’as-tu fait à ma fille ? "Ta gueule, ta fille n’est qu’une capricieuse" m’a-t-il répondu".

elianna
©Réunion la 1ère

 

A la barre, aucune larme ne coule sur le visage de la jeune femme. "Je n’ai pas pu protéger mon enfant, dit-elle. J’ai perdu Elianna, j’ai été négligente vis-à-vis d’elle, mais je ne l’ai pas tuée". "Je suis persuadée que c’est lui qui a fait ça", ajoutera-t-elle plus tard.

Pourquoi n’a-t-elle pas appelé les secours plus rapidement ce matin du 28 mars 2018 ? "Parce que Babas m’en a empêché", assure la mère d’Elianna, contredisant ainsi ses déclarations de l’époque. "Pourquoi être resté avec Babas si vous le saviez dangereux ?", interroge Alex Vardin, avocat de la partie civile. Pascaline Guilgori ne répond pas et lève les ciels au ciel. "Je ne vous ai jamais vu pleurer, même pendant la reconstitution ?", indique alors l’avocat. "Est-ce une question ?", rétorque avec arrogance la mère de famille.

Assises : violences sur Elianna
©Alix Catherine

 

Regardez les précisions de Réunion La 1ère :

Mort de la petite Elianna : deuxième jour du procès aux Assises

 

Un quotidien violent

L’objectif pour la cour d’Assises est de retracer cette matinée du décès de la fillette. Le quotidien de la petite Elianna était marqué par la violence. Le 28 mars 2018, lorsque les secours sont appelés au domicile familial de Champ-Borne à Saint-André, ils ne peuvent que constater le décès de l’enfant. Une autopsie révèlera ensuite que la fillette a eu des côtes cassées, le foie perforé et des ecchymoses au bras et à la tête. Elianna est décédée des suites des coups reçus. Quinze jours après le drame, le couple est placé en garde à vue.

De son côté, Cédric Babas affirme qu’il n’était pas sur les lieux au moment des faits. De lourds soupçons pèsent sur cet homme déjà condamné deux fois pour des violences sur son fils âgé de 19 mois en 2017, puis sur la fille de deux ans d’une précédente compagne. Des faits qui remontent à janvier 2018, soit deux mois à peine avant la mort tragique d’Elianna.

Le ti-père de Elianna au tribunal
Le ti-père de Elianna au tribunal ©Bruno Dufestin

 

"Ce n’est pas moi, c’est elle"

Ce midi, le ti père, Cédric Babas était à son tour entendu par la cour d’Assises. Il continue de nier les faits qui lui sont reprochés. "Je n’ai pas donné de coups à cet enfant, ce n’est pas moi, c’est elle", dit-il devant la cour en indiquant Pascaline Guilgori.

A la barre, le beau-père s'est montré arrogant et impertinent. Il aime les armes et ne s'en cache pas. Contrairement à Pascaline Guilgori, il s'est montré désinvolte et sans gène. Son impolitesse a désarçonné la cour. "Etiez-vous amoureux de Pascaline ?", interroge la présidente. "Non", répond Cédric Babas. "Pourquoi étiez vous avec elle ?" poursuit la présidente. "Pour le sexe", répond-t-il.

Le ti père d'Elianna
Le ti père d'Elianna ©Bruno Dufestin

 

Un homme instable et impulsif

Son absence d'empathie face à la mort d'Elianna est flagrante. Les experts psychiatres mentionnent sa personnalité "instable", et une "importante impulsivité". Son addiction à l'alcool et le zamal sont aussi mentionnées. Le tableau est sombre. Cédric Babas clame toujours son innoncence, mais son attitude insolente du jour ne plaidera surement pas en sa faveur. 

Pascaline Guilgori et Cédric Babas encourent 20 ans de prison pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur mineure de moins de 15 ans par personne ayant autorité". Le verdit sera rendu, demain, mercredi.