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Dans “ Un jour avec… ” en ce mois de ramadan, l’histoire d’un “ père courage ”. Youssouf Mohamed est atteint d’une maladie génétique rare.
Tous les jours, il se bat pour ses enfants et ses neveux atteints de la même maladie, pour leur offrir les soins qui leur permettront de ne pas subir le même sort que lui. 

Né aux Comores, Youssouf Mohamed est atteint d’une maladie génétique rare (une maladie orpheline comme on dit) qui s’attaque aux articulations. 
A 12 ans, il a été amputé d’une jambe parce qu'il avait mal aux genoux. Pendant 15 ans, Youssouf va marcher avec des cannes.

En 2003, il rejoint Mayotte en kwasa-kwasa et obtient sa première prothèse. Depuis 10 ans, il a rejoint La Réunion avec sa famille.

© Réunion la 1ère (Jean-Marc Collienne)

La maladie qui touche les membres de la famille a été baptisée “ syndrome des Abdou ” (du nom des neveux), car ils sont à ce jour les seuls connus à en être atteints. Les cinq enfant ont tous été opérés à La Réunion.

Qu'est-ce qui est le plus dur dans votre situation ?
Le regard des autres ? 

" Le plus dur c'est à l'école, dans la rue, les critiques, les jugements... Au collège, < regarde comment elle est, comment elle marche > au fond ça fait mal. Même au lycée, il y a des gens qui veulent pas s'asseoir avec toi parce que tu es différent, tu as des béquilles, ça nous isole, mais bon, j'ai de la chance d'avoir un tonton et une tatie comme eux. "

Reportage de Jean-Marc Collienne et Laurent Figon. Montage : Thierry Custine

Ce reportage est diffusé dans le cadre du partenariat entre Réunion la 1ère​ et Emmaüs Réunion sur le thème de l'économie de survie à La Réunion. 
Un jour avec... un père courage

Youssouf a fait des études en électronique et informatique, il est technicien réparateur à Emmaüs

Quand j'étais en CM2, on m'a amputé, donc je me suis dit qu'avec mon pays, il fallait que j'apprenne un métier qui pourrait m'aider.

© Réunion la 1ère (Jean-Marc Collienne)

Youssouf travaille pour l'association Emmaüs, en tant que technicien réparateur, mais son contrat va bientôt s’achever... En effet, depuis 2017, le gouvernement a fortement réduit les financements prévus pour les contrats d’insertionPour Emmaüs, cela signifie la perte d’un tiers de ses effectifs : 15 emplois sur 45.

Comme tous les midis, Youssouf rejoint la salle de prière du Moufia, mais à cause de sa prothèse, il fait la prière assis sur une chaise

© Réunion la 1ère (Jean-Marc Collienne)

En fin d’après-midi, nous retrouvons Youssouf, chez lui, au centre de Saint-Denis.Il nous présente son neveu, sa nièce et ses enfants, qui souffrent tous de la même maladie génétique.

Ici c'est la maison, à la cuisine c'est Madame qui prépare à manger.

L’heure de la rupture du jeûne de ramadan approche, mais avant de partager le repas, Youssouf va une nouvelle fois se rendre à la mosquée. " On prend trois dattes, et on va les manger avant de faire ma prière, on doit rompre jeune, 1-2-3, donc je prends trois dattes ". 

Pendant le ramadan, Youssouf se rend à la salle de prière cinq fois par jour. Cette fois, il prend la direction de la salle de prière de la rue Montreuil. 

L’appel du muezzin indique qu’il est l’heure de rompre le jeûne

© Réunion la 1ère (Jean-Marc Collienne)

Youssouf, où trouves-tu la force de tout gérer de ne pas perdre courage ?

La force, vient de ce que j'ai déjà vécu. 

" Un enfant de 12 ans amputé, qui continue à aller à l'école jusqu'en classe de 1ère, tout seul, avec des cannes, et qui passe un an en réanimation, donc au moment où je m'en suis sorti, je me suis dis que je devais me battre pour ça. Mes neveux et nièce je dois les aider pour qu'ils ne soient pas comme moi, c'est pour ça que, chaque fois que je vois les enfants, je me dis que le combat n'est pas terminé, il faut continuer à bosser pour mes enfants et ma famille... à chaque fois que je vois les enfants, ça me donne du courage."