Journée de deuil à Madagascar : 83 morts, 50 survivants et 5 disparus

océan indien
Le Ms Francia après le naufrage
©Capture d'écran Madagascar-Tribune
Ce jeudi 23 décembre 2021, Madagascar pleure ses morts. Les drapeaux sont en berne en la mémoire des 83 victimes et des 5 disparus suite au naufrage du MS Francia et du crash d'un hélicoptère de la gendarmerie qui participait aux recherches. Le navire comptait 138 passagers.

Il n'y a pas de mots devant cette photo des corps des victimes du naufrage, en une de Midi-Madagascar. Ils sont posés sur le sable, en bordure du lagon, à l’ombre de filaos. Ils sont les uns à côtés des autres, sous des draps blancs. On remarque juste la taille et l'on devine qu'il y a des enfants. Simples passagers, marins, leurs vies ont été emportées lors du naufrage du MS Francia, ce lundi 20 décembre 2021.

83 "passagers" ont été repêchés, 50 ont survécu et 5 disparus sont introuvables. Ils le resteront, les recherches ont été suspendues.
Impossible de dissocier de cette tragédie, le pilote et un passager de l'hélicoptère de la gendarmerie qui s'est abîmé en mer alors qu'il participait aux recherches, nous rappelle L'Express-de-Madagascar.

Un général et un adjudant ont été secourus par des pêcheurs en pirogue. Les drapeaux malgaches sont mis en berne depuis ce matin. Le président de la République, Andry Rajoelina associe son pays à la douleur des familles.
Selon les premiers éléments de l’enquête, le navire de marchandise opérait clandestinement le convoyage de passagers. Plus de 130 personnes avaient embarqué à Antanambe, une petite commune située au Nord des lieux du drame, précise Madagascar-Tribune.

Un accident inévitable ?

 

Le cargo, réservé au transport de marchandises, était en surcharge. Les équilibres, sur un navire, sont fragiles et le moindre incident peut prendre une tournure tragique. L’addition des marchandises et des clandestins sur un bateau, hors d’âge, rendait le voyage périlleux. Combien de fois, le MS Francia a-t-il effectué le trajet dans des conditions identiques, d’Antanambe à Soanierana Ivongo (Les victimes y ont été enterrées, mercredi dans une fosse commune, écrit 2424.mg).

Après le naufrage, il est normal de vouloir comprendre, expliquer et trouver des réponses pour ne pas revivre ce genre d’accident, mais la sécurité, est-elle la seule cause ?

Cette question sera sûrement éludée. Pourtant, régulièrement, à Madagascar comme dans de nombreux pays très pauvres de la planète, des bateaux coulent et emportent avec eux des centaines de passagers clandestins. Ces disparitions font la une de l’actualité, parfois. Tout dépend de l’actualité dans les pays « développés ». Dans chaque drame, les questions de la surcharge des embarcations et de l’irresponsabilité du capitaine, comme de l’équipage, sont pointées du doigt. C’est vrai ! Mais pourquoi ?