Justice : un couple de Comoriens jugé pour la mort de "leur" enfant de 6 ans

faits divers
Cour d'assises d'Avignon
©Francetvinfo (illustration)

En 2012, un médecin de Pertuis refuse le certificat d'inhumer d'un enfant de 6 ans. Le corps sans vie gisait au fond d'une baignoire. L'enquête va mener les enquêteurs à Mayotte et aux Comores. Le procès a débuté mercredi devant la Cour d'assises d'Avignon, le verdict sera rendu demain.

La mort d'un enfant de 6 ans à Pertuis dans le Vaucluse a mis en évidence, le triste sort réservé à des enfants comoriens "confiés" par leurs parents à des "proches" fautes de moyens. 

Cette réalité a été confirmée par une enquête de près de huit années des services judiciaires du Vaucluse. En 2012, un médecin légiste est appelé pour constater la mort par noyade, d'un enfant de 6 ans, dans la baignoire d'un petit appartement de Pertuis. L'homme a relevé plusieurs traces suspectes, sur les bras et le torse de la petite victime. L'autopsie va révéler que le garçonnet est décédé par noyade après un coup reçu à la tête qui a provoqué son coma. L'expert légiste note dans son rapport, des traces de brûlures sur les bras, des lacérations dans le dos, sur les poignets et des lésions provoquées par des morsures. 

L'expertise ADN, demandée par le juge d'instruction, va confirmer que ce petit garçon n'était pas le fils du couple. Il avait été confié par la sœur cadette de la "mère". Une pratique, aux conséquences souvent dramatiques, mise en lumière en 2005 par l'UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l'Enfance).

Violences volontaires ayant entraîné la mort 

 

Cette affaire n'est pas le procès des pratiques aux Comores. Les comportements déviants ne sont pas l'apanage des personnes démunies et la pauvreté n'a jamais excusé la maltraitance de fillettes et de garçonnets. 

Vendredi, lors du verdict, les jurés condamneront un "père" et une "mère" de substitution qui ont tué un enfant âgé de 6 ans. 

Un élément important est d'ailleurs révélé par Le Dauphiné dans son édition du mercredi 19 mai 2021, les accusés étaient conscients de leurs actes. La victime et l'une de ses "trois soeurs" (était également une enfant confiée par des proches) n'étaient pas scolarisés. 

Les accusés encours une peine maximale de 15 années de réclusion criminelle pour violence volontaire ayant entraîné la mort sans l'intention de la donner. Le verdict est attendu, ce vendredi 21 mai 2021.